🚨Sa famille est dans un dénuement total et n'a plus les moyens de subvenir à ses besoins vitaux. L'urgence est immédiate pour ce mois de Ramadan, mais leur combat est quotidien tout au long de l'année. Aidons notre soeur. Qu'Allah vous récompense.
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@csgo_onizz@escalechalgmai@ThaisEscufon Les péchés qu’il fait ne fais pas sortir de l’islam
Celui qui sort de l’islam un musulman ça parole est soit véridique soit il est lui même sortie de l’islam
La notion de ja3 al-mahiyya théorisée par Fakhr Din al-Razi (m.606)permet de résoudre énormément de paradoxes (paradoxe de Grelling, du menteur etc…), de déjouer certains arguments types ontologiques, et de produire de nouvelles pistes d’argumentation. J’écrirai dessus au futur.
Bah alors on ose se nommer Abu Hanifa alors que il dit ça :
« J’ai dit : Regarde, si quelqu’un dit : Où est Allâh ta’âlâ ? On lui dit : Allâh ta’âlâ est de toute éternité, il n’y a pas d’endroit avant qu’Il ne crée les créatures et Allâh ta’âlâ existe de toute éternité alors qu’il n’y a pas de "où", ni de créatures ni quoi que ce soit, Il est le Créateur de toute chose. »
🧵 L'Imam Fakhr ad-Din ar-Razi s'est t'il vraiment repenti du Ash'arisme 3 secondes avant de mourir ? - Réponse du Cheikh Saïd Fouda
Avant toute chose il convient de lire le testament de l'Imam Fakhr ad-Din ar-Razi, trouvable ici (en deux parties) :
https://t.co/dY7apr1uZp
https://t.co/3eLm5pGHs1
Commentaire du Cheikh Saïd Fouda :
« Depuis le début de mes lectures, il y a de nombreuses années, j’ai souvent entendu — et j’ai également lu dans les livres de certaines personnes comme Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim, ainsi que d’autres les ont suivis dans cela — que l’imam al-Rāzī était sur une croyance, puis qu’il l’a changée à la fin de sa vie et qu’il s’en est rétracté, et qu’il a écrit cela dans son testament à ses élèves.
C’est cela leur prétention.
Et il nous incombe, avant de prononcer notre parole, d’exposer clairement cette prétention. Une fois qu’elle sera éclaircie, j’affirme avec certitude que sa faiblesse apparaîtra à toute personne dotée d’un esprit sain.
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Premièrement, il faut définir le madhhab des Ash'arites sur cette question.
Le madhhab des gens de la Sunna et du Groupe (ahl al-sunna wa-l-jamā'a) — dont font partie les Ash'arites — est que Allah le Très-Haut ne ressemble à aucune de Ses créatures, ni dans Son essence (dhat), ni dans Ses attributs (sifat), ni dans Ses actes (af'al).
Et tout ce qui peut venir à l’esprit humain comme image (sura) ou modalité (kayfiyya) doit être nié à Son sujet, car la forme et le “comment” sont, à la base, impossibles pour Lui.
Ils affirment la transcendance absolue (tanzih) d’Allah au-dessus des attributs des créatures, des événements (hawadith), des corps (ajsam), et de tout ce qui découle du fait d’être un corps, comme : être dans un lieu (makan), le mouvement (haraka), la taille (hajm), la modalité (kayf), la composition (tarkib), et autres.
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Sur cette base, les textes que nous lisons dans le Coran et la Sunna peuvent donner à certaines personnes l’illusion d’un sens qui ne convient pas à Allah, et elles disent : “C’est cela le sens apparent (ẓahir) de ces textes.”
Nous disons : ce n’est pas cela le sens apparent, mais c’est ce que tu imagines être apparent.
Il n’y a de sens apparent que le vrai (al-ḥaqq).
Il est impossible qu’Allah fasse que Sa parole ait un sens apparent qui soit faux.
Le faux ici est l’illusion qui est apparue dans ton esprit, et cela ne provient que d’un mauvais raisonnement et d’une incapacité à comprendre les choses les plus élémentaires qu’il faut affirmer au sujet d’Allah.
Ainsi, ce que tu appelles “sens apparent” n’est qu’une illusion produite par un esprit grossier.
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Lorsque ce problème est apparu — en raison de la corruption du goût de la langue arabe, de la faiblesse des croyances en Allah, et de la domination des perceptions sensibles et des illusions psychologiques — les savants ont eu besoin d’une méthode pour traiter ce problème.
Cette méthode devait être :
- Claire,
- Bien définie,
- Fondée sur des règles cohérentes avec la langue et les vérités religieuses connues nécessairement,
simple et précise à la fois,
- Conforme à la voie des pieux prédécesseurs (al-salaf al-ṣāliḥ),
- Adaptée autant que possible aux dispositions des gens.
Les savants de la communauté, parmi les Ash'arites, ont alors établi une méthode remplissant toutes ces conditions, composée de deux niveaux :
- Le premier et c’est la base : ils l’ont appelé tafwid
- Le second, utilisé seulement en cas de besoin : ils l’ont appelé ta'wil
Et ces deux niveaux sont vrais, et il n’y a aucune contradiction entre eux.
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Le Tafwiḍ consiste à remettre ces textes à Allah (tafwid al-ma'nā), sans entrer dans leur analyse, et à y croire de manière globale (ijmāl), c’est-à-dire croire en ce qu’Allah sait être la vérité.
Et à les laisser passer tels qu’ils sont venus :
“sans comment et sans sens”
tout en affirmant la transcendance d’Allah (tanzih) au-dessus de toute imperfection.
Et c’est cela qui était la voie de la majorité des pieux prédécesseurs (jumhūr al-salaf).
Ils n’entraient pas dans ces questions, ne parlaient pas de ces choses, interdisaient au commun des gens d’en discuter, et leur ordonnaient d’affirmer la transcendance d’Allah.
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Quant au ta'wīl, il consiste à rediriger le terme de son sens apparent imaginé (al-ẓāhir al-mutawahham) — qui correspondrait à du corporéisme, de l'anthropomorphisme, de l’assimilation, ou l’attribution de membres et de mouvements — vers un sens correct, en raison d’un indice (qarina), qu’il soit textuel ou contextuel.
Cela est utilisé lorsque certaines personnes ne se contentent pas de la voie globale du tafwid, soit à cause de la corruption de leur croyance (comme les littéralistes hashwiyya), soit parce qu’elles cherchent à semer le doute dans les fondements du Tawhid.
Dans ces cas-là, il est nécessaire d’utiliser une méthode détaillée pour leur montrer que le sens qu’ils prétendent être apparent est en réalité faux.
Et cela ne peut se faire qu’au moyen du ta'wil.
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Une fois que le madhhab est devenu clair et que sa vérité s’est manifestée, nous revenons à la question de l’imam Fakhr al-Dīn al-Rāzī et nous disons :
C’est cela sur quoi était Fakhr al-Dīn al-Rāzī, et c’est cela sur quoi l’imam est mort.
Il ne s’est pas produit qu’il se soit rétracté de tout cela, ni même d’une partie.
L’imam Fakhr al-Dīn, au début de sa vie, lorsqu’il devint connu et jusqu’à peu avant sa mort, débattait abondamment avec les innovateurs parmi les hashwiyya (les littéralistes simples d'esprit) et d’autres qui s’étaient égarés de la compréhension du sens véritable.
Il parcourait les pays, défiant ceux qui contredisaient le madhhab de l’islam, débattant avec eux et leur montrant la faiblesse de leurs propos, de leurs preuves et de leurs arguments.
La plupart des livres qu’il a écrits durant sa vie étaient soit des réfutations des hashwiyya, soit des falasifa (philosophes musulmans neo-platoniciens ou neo-aristotélicien), soit de ceux qui s’étaient trompés parmi les mu'tazila et d’autres.
Personne ne pouvait tenir face à lui : il réduisait les langues au silence, faisait disparaître le faux et affermissait les fondements de la vérité, selon sa capacité. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Et lorsqu’un homme est dans cet état, il doit nécessairement s’attacher à la méthode du ta'wil que nous avons expliquée.
En effet, il ne peut pas, lors d’un débat avec ces gens — surtout les hashwiyya, car la divergence porte précisément sur cette question — leur dire : “Remettez la science à Allah (tafwid)”.
Comment le pourrait-il, alors qu’ils pensent que ce qu’ils affirment est le sens apparent (ẓāhir) de la parole d’Allah, clair et évident, et qu’il n’est pas permis de s’en détourner ?
Il faut donc nécessairement montrer que ce qu’ils prétendent être évident et clair est en réalité faux, sans aucun doute.
Et cela ne peut se faire qu’en utilisant la méthode du ta'wīl : c’est l’instrument par lequel on abat les moutons du faux.
C’est ainsi que l’imam procédait dans la plupart de ses ouvrages, car la situation des gens auxquels il faisait face l’exigeait.
Puis, lorsque la mort s’approcha et que le passage vers l’au-delà arriva, l’imam Fakhr al-Dīn al-Rāzī revint au principe fondamental, car ce que l’homme recherche dans cet état, c’est le salut.
Et remettre l’affaire à Allah (tafwid) est le salut.
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Celui qui examine le testament de l'imam, voit très bien qu'il n'a absolument pas quitté le madhab Ash'ari.
Il y voit plutôt qu’il remet son affaire à Allah, et qu’il reconnaît qu’il n’a abordé ces questions que pour soutenir la religion, en réponse à l’ordre d’Allah de la défendre contre les déviants et les agresseurs.
Il se désavoue de toute erreur qu’il aurait pu commettre, sans la désigner précisément, et espère qu’Allah lui fera miséricorde pour ce qu’Il lui a accordé de juste.
Et cela est l’état des gens sincères.
Il attire également l’attention dans son testament sur le fait que la méthode du Coran dans la transmission du tawhid est la meilleure des méthodes.
Et comment quelqu’un pourrait-il nier cela, alors que le Coran est la parole d’Allah ?
Mais il est demandé à l’homme de défendre la religion selon sa capacité.
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Après cela, je dis à celui qui veut la vérité :
Où l’imam al-Rāzī a-t-il mentionné dans son testament qu’il s’était rétracté de son madhhab ?
A-t-il dit qu’Allah est dans un lieu (makan), qu’Il a une limite (hadd), ou un membre (jariha) — et autres absurdités anthropomorphistes dont sont remplies les âmes de ceux qui se trompent à son sujet ?
Comment pourrait-il dire cela alors qu’il affirme dans son testament :
“le monde est sous la gestion de son Gestionnaire exempt de toute ressemblance avec les choses caractérisées par la localisation et la spacialisation” ?
Ceci est une négation explicite qu’Allah soit dans un lieu, dans une direction, qu’Il ait des parties ou des organes.
Or ce sont précisément ces choses que ces gens prétendent qu’al-Rāzī aurait adoptées.
Mais nous voyons, dans ses propres paroles, qu’il les nie clairement.
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Ajoutons encore ceci pour celui qui veut comprendre :
L’imam al-Rāzī appelait déjà au tafwid avant même d’écrire ce testament, c’est-à-dire pendant ses débats et ses confrontations avec les gens.
Il n’y a donc aucune base pour les propos des pseudo-salafis.
La preuve en est qu’il a dit dans al-Ma'ālim :
“Il ne reste qu’à reconnaître les preuves rationnelles décisives (al-dalā'il al-'aqliyya al-qaṭ'iyya), et à traiter les zahir des textes transmis soit par le taʾwīl, soit en en remettant la science à Allah — et c’est cela la vérité.”
Et il a dit la même chose dans al-Arbaʿīn :
“Il ne reste qu’à confirmer les preuves rationnelles et à s’occuper soit d’interpréter les zahir des textes, soit d’en remettre la science à Allah.”
Cela tranche toute parole après lui.
Chez les Ash'arites, il existe une divergence interne :
- Le ta'wīl est-il préférable ?
- Ou bien est-ce le tafwid ?
Tout en étant d’accord sur la transcendance (tanzīh) d’Allah.
Quant à leur divergence (les Ash'arites) avec les hashwiyya et leurs semblables parmi les pseudo-salafis de notre époque, elle tourne autour de ceci :
- D’un côté : le tanzih des Ashʿarites et des gens de la Sunna
- De l’autre : l'anthropomorphisme de ces gens-là (les pseudo-salafis)
Qu’Allah abandonne ces gens là.
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Ainsi apparaît clairement, par la puissance et l’aide d’Allah, la bêtise de celui qui prétend que l’imam al-Rāzī s’est rétracté du madhhab Ash'ari, et que cela n’est rien d’autre que le plus mensonger des propos contre les gens de la vérité.
Et la louange appartient à Allah, Seigneur des mondes. »
[📚 Khawāṭir ḥawla waṣiyyat al-Imām Fakhr ad-Dīn ar-Rāzī - Cheikh Saïd Fouda]
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Vous trouverez plus bas d'autres publications sur les pseudo-repentirs que les salafistes/wahabites aiment attribuer aux grands imams sunnites 👇
L’imam Al Junayd dit :
Les hommes, dans l'amour d’Allah, se divisent en deux catégories : le commun des gens et l'élite. Le commun des gens est parvenu à cet amour en reconnaissant la continuité de Sa bienfaisance et l'abondance de Ses bienfaits. Ils ne peuvent alors s'empêcher de chercher Sa satisfaction, bien que leur amour diminue ou augmente selon l'importance des faveurs et des bienfaits reçus. Quant à l'élite, elle est parvenue à l'amour par la connaissance de la grandeur de Sa Puissance, de Son Omnipotence, de Son Omniscience, de Sa Sagesse et de Son Unicité dans la Royauté. Lorsqu'ils ont connu Ses attributs de perfection et Ses noms les plus beaux, ils n'ont pu faire autrement que de l'aimer, car Il en est digne à leurs yeux. Et même s'Il venait à leur retirer l'intégralité de Ses bienfaits, cela ne les empêcherait pas de continuer à l'aimer. »
Ihya ´Olom Din / volume 3 / page
Notre opposant néglige un principe essentiel de la méthodologie exégétique de l’Imām al-Rāzī rahimahullāh. L’une des caractéristiques de son tafsīr consiste à exposer, dans un premier temps, les difficultés logiques complexes et les doutes (shubuhāt) susceptibles d’apparaître à propos d’un verset, puis à les clarifier ou à les réfuter. Il commence par évoquer l’interprétation du verset, puis s’arrête délibérément pour analyser les objections, difficultés ou contradictions qui pourraient venir à l’esprit. Notre contradicteur passe sous silence ce contexte méthodologique et extrait des propos d’al-Rāzī en les isolant de leur cadre. Pour fournir une réponse adéquate, il importe donc de rétablir ce contexte, de présenter l’intégralité de ses paroles et de les analyser.
L’Imām Fakhr al-dīn al-Rāzī, commentant la parole du Très-Haut : « Ce Livre, en lequel il n’y a point de doute, est une guidance pour les pieux », écrit :
« Troisième question : à propos des interrogations.
Première interrogation : le fait pour une chose d’être une guidance et un argument ne varie pas selon la personne : il n’y a pas de raison que cela s’applique à l’un plutôt qu’à l’autre. Pourquoi donc le Coran est-il qualifié de guidance pour les pieux exclusivement ? De plus, celui qui est pieux est déjà guidé ; or celui qui est guidé n’a pas besoin d’être guidé une seconde fois. Le Coran ne serait donc pas une guidance pour les pieux.
Réponse : le Coran, tout en étant une guidance pour les pieux, et un signe pour eux de l’existence du Créateur, de Sa religion et de la véracité de Son Envoyé, constitue également un signe en faveur des mécréants. Toutefois, Allāh, exalté soit-Il, a mentionné les pieux par éloge, afin de montrer qu’ils sont ceux qui ont suivi la voie droite et en ont tiré profit. Comme Il a dit : “Tu n’es qu’un avertisseur pour celui qui la redoute” (S. al-Nāziʿāt, 45), et : “Tu ne peux avertir que celui qui suit le Rappel” (S. Yā-Sīn, 11). Le Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allāh soient sur lui) était un avertisseur pour toute l’humanité, mais ces gens furent mentionnés car ce sont eux qui ont profité de son avertissement. »
À travers cette réponse, l’Imām Fakhr al-dīn al-Rāzī enseigne clairement que le Coran est une guidance pour tous les hommes, et un signe indiquant l’existence du Créateur. Les propos qui suivent — que notre contradicteur cite de manière tronquée — relèvent davantage d’une réponse hypothétique adressée à un esprit sceptique que d’une position personnelle de l’Imām. Il s’agit d’une démarche pédagogique visant à offrir une issue logique à un esprit troublé. C’est comme s’il lui disait : « Si ton esprit est envahi de doutes au point de ne pouvoir accepter ce verset, voici une issue rationnelle à ta difficulté ». Le but d’une réponse aux ambiguïtés n’est pas d’exposer la vérité ultime, mais de fournir la clarification nécessaire pour dissiper un obstacle intellectuel minimal.
L’Imām Fakhr al-dīn al-Rāzī, commentant de nouveau ce verset, écrit :
« Troisième interrogation : Tout ce dont la validité, en tant que preuve, dépend du fait que le Coran soit lui-même une preuve, ne peut être quelque chose dans lequel le Coran constitue une guidance. Il devient donc impossible que le Coran soit une guidance pour la connaissance de l’Essence d’Allāh, de Ses attributs ou de la prophétie. Or il ne fait aucun doute que ces objets de connaissance sont les plus nobles. Si donc le Coran n’est pas une guidance en ces domaines, comment Allāh a-t-Il pu le qualifier de guidance de manière absolue ?
Réponse : il n’est pas conditionné, pour qu’une chose soit une guidance, qu’elle le soit dans tous les domaines. Il suffit qu’elle le soit dans certaines choses : par exemple, dans la connaissance des prescriptions religieuses, ou dans la confirmation rationnelle de ce que l’intellect peut déjà connaître. Ce verset constitue l’un des arguments les plus solides indiquant que l’expression absolue (al-mutlaq) n’implique pas la généralité (‘umūm). En effet, Allāh l’a qualifié de guidance sans aucune restriction dans le texte, alors même qu’il est impossible qu’il soit une guidance pour établir l’existence du Créateur, Ses attributs ou la prophétie. Il est donc établi que l’expression absolue n’implique pas la généralité. »
L’Imām Fakhr al-dīn al-Rāzī recourait à une méthode flexible dans l’interprétation des versets. Il était conscient que les personnes diffèrent quant à leur capacité à recevoir les paroles divines : certains croient avec sincérité sans poser de questions, d’autres doutent ou rejettent. C’est pourquoi il proposait diverses modalités d’explication pour les passages complexes, afin que chacun — quel que soit son niveau — puisse trouver une voie vers la reconnaissance de la vérité du Coran et la dissipation de ses doutes.
De plus, l’Imām Fakhr al-dīn al-Rāzī suivait, dans ses débats, les principes polémiques des mutakallimūn face aux athées. Pour éviter le cercle vicieux (dawr), l’existence du Créateur — qui fonde le caractère miraculeux du Coran (mu‘jizah) — doit être démontrée par des arguments rationnels indépendants. Cette approche permettait de construire un système de preuves intelligible pour l’adversaire sans recourir à ce qu’il nie déjà. Le Coran est une mu‘jizah car il est la Parole d’Allāh ; or il faut établir l’existence d’Allāh avant d’invoquer Sa Parole pour prouver quoi que ce soit. Si les mutakallimūn avaient affirmé que le caractère miraculeux du Coran est prouvé par le fait qu’il est la Parole d’Allāh, tout en s’appuyant sur le Coran pour prouver l’existence d’Allāh, ils seraient tombés dans un cercle vicieux ou une régression infinie (tasalsul).
Le shaykh Saʿīd Fūdah hafidhahullāh écrit :
« Il n’est pas valable de démontrer l’existence d’Allāh à ceux qui s’opposent au Coran en utilisant les versets coraniques eux-mêmes. En effet, l’athée qui nie l’existence d’Allāh ne peut être convaincu par la parole du Très-Haut : “Dis : Il est Allāh, Unique”. Car cet athée dira : “Je ne crois pas en l’existence d’Allāh : comment pourrais-je accepter ce que vous affirmez être Sa Parole ? Le Coran ne peut constituer pour moi une preuve tant que vous n’avez pas démontré l’existence d’Allāh. Il n’est donc pas valide d’utiliser les versets pour prouver Son existence à ceux qui la nient.” »
Il ne s’agit donc pas de dire que le Coran ne constitue pas une preuve. Il s’agit de reconnaître que son utilisation comme argument dans l’affirmation de l’existence d’Allāh peut être inefficace auprès d’un athée. Celui qui nie Allāh — et par conséquent nie qu’Il possède l’attribut de Parole et qu’Il a envoyé Son Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allāh soient sur lui) avec le Coran — ne peut accepter le Coran comme argument. Il est d’abord nécessaire de lui démontrer que Allāh existe, qu’Il a envoyé Son Prophète et révélé le Coran. Il est évident que l’on ne peut prouver l’existence d’Allāh à un athée en citant un texte qu’il rejette d’emblée. Pour éviter ce cercle vicieux, les mutakallimūn ont établi la règle suivante : ce qui est fondé par un miracle doit être établi par des arguments rationnels indépendants. Cette méthode a permis de conduire de nombreux sceptiques vers l’Islām et a renforcé la position des musulmans. Il est crucial de souligner qu’aucun mutakallim — y compris l’Imām Fakhr al-dīn al-Rāzī — n’a jamais nié que le Coran soit la guidance suprême et la preuve la plus éclatante. Cependant, certains dénégateurs, qui disaient : « Je ne crois pas en Allāh ; donc je ne crois pas en Son Livre ni en Son Prophète », requéraient une méthodologie particulière pour être amenés à accepter le Coran.
L’Imām Fakhr al-dīn al-Rāzī écrit également :
« Quatrième interrogation : al-Kalbī a dit : Qualifier le Coran d’être une guidance et une miséricorde pour les croyants n’implique nullement qu’il ne le soit pas pour l’ensemble des hommes. De même que la parole d’Allāh au début de la sourate al-Baqarah : “Une guidance pour les pieux” n’implique pas qu’il ne soit pas une guidance pour l’humanité entière, comme Il l’a dit : “Une guidance pour les hommes, et des preuves décisives de la guidée et du discernement” (S. al-Baqarah, 185). Il a mentionné les croyants de manière spécifique parce qu’ils l’ont accepté et en ont tiré profit, comme dans Sa parole : “Tu n’es qu’un avertisseur pour celui qui la redoute”, car seuls ces gens ont profité de son avertissement. Et Allāh est plus savant. »
Lorsque les mutakallimūn évoquent des « arguments rationnels indépendants », ils ne visent pas des preuves absentes du Coran ou empruntées à des fondements extérieurs. Au contraire, le Coran lui-même leur fournit un système rationnel parfait pour établir l’existence d’Allāh. Ce système permet de démontrer l’existence du Créateur sans recourir à des versets affirmant explicitement cette existence, tels que : « Dis : Il est Allāh, Unique ». Les mutakallimūn reconnaissent par ailleurs que la science du kalām, comme toute autre science, puise sa source dans le Coran et la Sunnah. Ainsi, pour l’Imām al-Rāzī, le Coran est, dans son fondement même, une guidance et une preuve pour tous les hommes ; toutefois, l’existence d’Allāh n’est pas démontrée aux non-croyants à partir des versets affirmatifs afin d’éviter le cercle vicieux. Le point est limpide.