Les conditions inhumaines du lycée Nelson-Mandela, à Nantes. Il fallait le voir pour le croire.
Verrière, bois clair, nef de 26 000 m², énergie positive. Internat de 166 lits, chambres avec sanitaires, salles de travail, patio.
Deux gymnases et un mur d’escalade de 24 voies.
Sections internationales, BTS, prépa.
Facture d’origine : 52 à 64 millions d’euros, il y a douze ans.
Le genre d’établissement qui ferait pâlir 95 pourcents des lycées français.
Et c’est le lycée qu’on brûle, hall et verrière, au nom du manque de moyens.
Le Site est fermé jusqu’à la Toussaint, cours à distance, remise en état chiffrée en millions.
Les conditions étaient si inhumaines qu’il a fallu y mettre le feu pour les rendre visibles.
Mais de qui se moque-t-on ?
« En 5 jours, quel contraste entre la France qui célèbre le pape et celle qui brûle les lycées! Si on ne redresse pas vite vigoureusement la barre, les fractures françaises vont se payer très cher » ⤵️
« Le meilleur remède aux turbulences de l’esprit, c’est d’apprendre. C’est la seule chose qui ne se détériore jamais. On peut vieillir et trembler, au sens anatomique du terme ; on peut veiller la nuit en écoutant le désordre de ses veines ; on peut perdre son unique amour et voir s’évanouir sa fortune par la faute d’un monstre ; on peut contempler le monde autour de soi dévasté par des fous dangereux, ou savoir que son honneur est piétiné dans les égouts des esprits les plus vils.
Dans de telles conditions, il n’y a qu’une seule chose à faire : apprendre. »
— Marguerite Yourcenar, Sources II (Gallimard, 1999)
Difficile de décrire ce qu’il s’est passé hier soir. La ferveur, la joie, la force immense de cette génération qui affronte tant de défis et continue de chercher l’espérance. Un échange à cœur ouvert avec le Pape, et le miracle d’un long silence intérieur. Et à la fin de cette veillée, un chant venu d’il y a dix siècles, mais aussi vivant que tous ces jeunes qui l’ont fait résonner dans le stade. La France a son avenir devant elle !
1 million de fidèles réunis pour la visite du Pape Léon XIV à Paris !
Ce fut un honneur d'accueillir le Saint-Père, en tant que Présidente de la région, au Stade de France avec les élus de Seine-Saint-Denis pour la veillée des jeunes catholiques sur le thème de la paix.
La visite du Pape s’est conclue dans une atmosphère de joie et de concorde autour de centaines de milliers de pèlerins réunis aux Champs-Élysées. Un beau message de fraternité envoyé au monde !
Ma reconnaissance sincère va à tous les bénévoles, ainsi qu'aux forces de l'ordre et de secours, qui ont fait de la visite du pape Léon XIV en Île-de-France un immense succès. Leur présence, leur accueil et leur sourire à Paris comme à Saint-Denis ont montré un beau visage de la France. Merci à tous.
Il y a longtemps que la France n’avait pas connu une telle ferveur, une foule aussi nombreuse, paisible, unie par une joie profonde. Ce moment ne fera pas disparaître les difficultés ni les tensions qu’affronte notre pays. Mais en cette période si décisive pour notre avenir, quel immense signe d’espérance…
La Suède choisit d’acquérir quatre frégates de défense et d’intervention françaises produites par Naval Group à Lorient.
C’est l’excellence de notre industrie de défense qui est reconnue. C’est aussi le choix de deux nations qui partagent une même vision de la souveraineté et de la sécurité européennes.
De la Baltique à l’Atlantique, nous renforçons ensemble notre capacité à protéger l’Europe et construisons une défense européenne plus souveraine, plus puissante, plus crédible.
Merci à la Suède pour sa confiance en la France !
Immense tristesse. Pour E.#Balladur en 95 même si je n’avais pas le droit de vote. Homme politique avec 1 intelligence et 1 vision rares. Merci pour les quelques échanges que nous avons pu avoir. Honneur de siéger à #Paris15 là où il était élu. La 🇫🇷 perd ce soir 1grand serviteur
J’apprends avec tristesse la disparition d’Édouard Balladur, ministre de l’Economie aux résultats si positifs pendant la première cohabitation marquée par deux années libérales, incontestable et éminent homme d’État, qui, par sa courtoisie, sa tenue, son sens de la fonction, représentait une certaine idée de la dignité en politique.
Secrétaire général de l’Élysée, il fut le plus loyal des serviteurs de Georges Pompidou, y compris dans l’épreuve de la maladie qui emporta ce grand Président.
Ministre d’Etat, ministre de l’Economie sous la première cohabitation, il libéra les prix, ouvrit les marchés et rendit aux Français des libertés économiques longtemps confisquées. Il démontra que la France peut se réformer par la liberté, avec une ampleur et des résultats rarement égalés depuis.
Il fut Premier ministre sous la deuxième cohabitation avant de tenter l’aventure présidentielle.
Édouard Balladur demeura jusqu’au bout de sa vie un esprit brillant et libre. Sa note pour la Fondapol de juin 2023, « L’Europe et notre souveraineté » constitue l’une des publications les plus intéressantes sur notre besoin de repenser l’Europe, en se fondant sur l’ambition commune et choisie des nations, la coopération de projets, la primauté de la souveraineté populaire.
J’adresse mes condoléances à sa famille et ses proches.
«On a des élèves en 3ème qui ont le niveau que j'avais en CM2. On se retrouve en classes préparatoires littéraires à entendre : "Je sais pas c'est quoi ce mot?", "Je crois je l'ai oublié à l'arrêt de bus".»
Rentrée scolaire : @MadeJessey alerte dans Points de Vue.
"Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d’imbéciles et qu’il n’y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s’entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que les personnes qui dédaignent les livres.
C’est logique, après tout. Le lecteur développe son intelligence au contact des raisonnements, au frottement des idées, au heurt des chimères ou des apories. Il devient l’intime de héros de fiction dont il a suivi les aventures avec curiosité, souvent avec passion. Il range dans sa mémoire des morceaux d’histoire de France ou d’ailleurs, des vies de personnages illustres, des récits de découvertes, d’exploits, de faits divers, d’existences obscures ou infortunées, de peuples en majesté ou en servitude, de civilisations défuntes. Bref, il collectionne des éclats de ce qui constitue la culture générale dont le livre, même s’il a aujourd’hui des concurrents, reste le principal pourvoyeur.
Beaucoup trop d’hommes politiques, de chefs d’entreprise, de hauts fonctionnaires, de manageurs, de responsables de tout poil ne lisent que des livres utiles à l’exercice de leur profession. La littérature ? Perte de temps. Les romans ? C’est bon pour les femmes. Pauvres types ! (Pas sûr qu’au même niveau de responsabilités les femmes lisent plus et mieux.) Eux qui vivent dans un monde clos de privilégiés et en connaissent les protocoles, ignorent tout de l’évolution des comportements dans les différentes strates de la population dont ils ont directement ou indirectement la charge. Romans et récits leur apprendraient bien des choses. Sur le clair-obscur des mentalités. Sur les raisons des volte-face et des fidélités. Sur les fiertés minuscules et les détresses inavouables. Sur le grand bazar du commerce des corps et des âmes. Et donc, par comparaison, par confrontation, sur eux-mêmes.
Lire des romans, c’est prendre des nouvelles des autres.
Barack Obama : « Grâce à la littérature, j’ai pu imaginer ce qui se passait dans la vie des gens. »
Milan Kundera : « La bêtise des hommes vient de ce qu’ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c’est d’avoir question à tout. »
Lire de la poésie, c’est soulever des chapeaux, des couvercles, des tapis, le ciel.
Lire n’est pas se retirer du monde, c’est entrer dans le monde par d’autres portes.
Lire, c’est prendre Voltaire comme professeur, Proust comme oncle de la ville et Vialatte comme tonton des champs, Duras comme cousine, Stendhal, Dumas, Camus et Semprun comme amis, La Fontaine et Vincenot comme gardes-chasse, Louise Labé comme amante, Colette comme cuisinière, Montaigne, Jean Giono et Julien Gracq comme voisins.
Lire, c’est agrandir sa famille, engager du personnel, se faire des amis, multiplier ses relations, se constituer un fabuleux carnet d’adresses.
Lire, c’est faire entrer un peu de lumière dans le dédale piégeux de nos existences.
Mais si l’on comprend mieux le monde en lisant, la lecture peut aussi le complexifier, le rendre plus énigmatique. Il y a des livres qui décoiffent, qui dérangent, dont on sort troublé et même chamboulé. Ce sont peut-être les meilleurs puisqu’ils nous atteignent au plus profond et qu’ils modifient nos façons de voir et de ressentir. Ils nous poussent à des examens de conscience.
Ils nous encouragent à prendre des résolutions, à tenter des expériences. Ce sont des perturbateurs existentiels.
Lire, c’est courir le risque de se remettre en cause.
Enfin, la lecture est l’une des dernières activités humaines – avec, entre autres, la conversation et l’amour – où il n’y a nulle nécessité de retenir des codes, d’appuyer sur des touches, de consulter des écrans. Technologie nulle, simplicité du contact avec les mots (à condition, bien sûr, de continuer de préférer le papier à la tablette).
Lire, c’est avoir de l’esprit jusqu’au bout des doigts."
Bernard Pivot
Nos librairies indépendantes ferment les unes après les autres. Gibert, Le Furet du Nord, Decitre, Sauramps… c’est un signal d’alarme assourdissant !
A Paris, l’enseigne emblématique Gibert jeune , l’âme du quartier latin, sera remplacée par un fast-food. Triste symbole de la disparition d’un lieu de transmission, de culture @JPLecoq2026
Retrouvez ma question orale à la ministre de la culture 👇
Merci à Christophe Clavé pour cet éclairage sur l’appauvrissement de la langue et la ruine de la pensée 🙌
"La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.
La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.
Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.
Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible.
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans « 1984 » à Ray Bradbury dans « Fahrenheit 451 » qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.
Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.
Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur ? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu ? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants : faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté."
Christophe Clavé
Inauguration ce matin par @Philippe_Goujon de la 2e édition de Grenelle en Seine qui se tient jusqu’au 20 septembre au bras de Grenelle. L’occasion de se rafraîchir, de prendre le soleil et de nager dans la Seine, avec pour voisine @LaTourEiffel#Paris15
Pendant l’été 1871, George Sand avait eu très chaud 🥵.
Elle témoigne :
“Une grande fatigue, le travail en retard, un effort désespéré pour reprendre ma tâche au milieu d’un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1er juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre, l’effroi des maladies et de la misère pour tout ce pauvre monde découragé de demander à la terre ce qu’elle refusait obstinément à son travail, la consternation de sa fauchaison à peu près nulle, la consternation de sa moisson misérable, terrible sous cette chaleur d’Afrique qui prenait un aspect de fin du monde ! Et puis des fléaux que la science croyait avoir conjurés et devant lesquels elle se déclare impuissante, des varioles foudroyantes, horribles, l’incendie des bois environnants élevant ses fanaux sinistres autour de l’horizon, des loups effarés venant se réfugier le soir dans nos maisons ! Et puis des orages furieux brisant tout, et la grêle meurtrière achevant l’œuvre de la sécheresse !”
[George Sand, extrait du “Journal d'un voyageur pendant la guerre”, chapitre I, édition
Michel Lévy Frères, 1871.]
Excellente nouvelle pour les mathématiques françaises et pour le rayonnement international du Plateau de Saclay : 50 M€ vont être investis par Bernard Arnault dans une Maison des mathématiques à l’École polytechnique. Je salue ce soutien généreux et décisif en faveur de notre excellence scientifique et de la formation de nos futurs talents, à un moment où les enjeux de souveraineté intellectuelle n’ont jamais été aussi cruciaux.
https://t.co/goACdzFseX
L’hommage rendu par Nicolas Sarkozy à Bernadette Chirac était d’une sincérité et d’une émotion rares. Il touchait juste, parce qu’il parlait d’une femme qui incarnait une certaine idée de la dignité en politique.
Pour moi, Madame Chirac reste un modèle de femme d’État. Elle me fait irrésistiblement penser à Yvonne de Gaulle. Deux femmes issues du même moule : discrètes sans être effacées, élégantes sans ostentation, solides sans jamais verser dans l’arrivisme bruyant. Elles n’étaient pas sorties du « show », elles ne cherchaient pas la lumière pour elle-même. Elles avaient reçu une éducation exigeante, un sens du devoir et une hauteur de vue qui les plaçaient naturellement au-dessus des modes et des vanités du moment.
Ces femmes-là ne jouaient pas un rôle : elles l’habitaient. Elles accompagnaient leurs maris avec une fidélité et une intelligence qui forçaient le respect, tout en conservant une authenticité et une simplicité qui les rendaient profondément humaines. Dans un monde politique de plus en plus tapageur et superficiel, elles incarnent une élégance révolue, celle des vraies dames d’État, élevées dans le sens du service et de la retenue.
C’est précisément cela qui rend leur souvenir si précieux et si émouvant. On mesure, en les évoquant, ce que l’on a parfois perdu : la grandeur tranquille, la classe innée, et cette force douce qui n’a pas besoin de hurler
Chipie de CAUMON