Par un 28 février, le colon exigea du Serigne Daara de parler français à ses talibés !
Oui encore post tardif. Les jarbaat qui s’occupent des activités leur Nijaay savent pourquoi ! Et post réchauffé, même si…
L’histoire des daara est une sorte de sous-texte de la colonisation. Le but du colon, par étapes, semble avoir été (sous réserve de confirmation par les vrais historiens) : commercer avec les gens libres de la côte sénégalaise, puis accaparer par la force les ressources physiques du Sénégal ; détruire le capital humain par la traite négrière ; transformer les Noirs restants en «nègres de service», juste assez instruits pour comprendre les ordres du Toubab et, enfin, si possible, en faire de bons chrétiens.
Ces deux derniers objectifs passaient par l’école, censée «sauver» ces hommes longtemps considérés comme « sans âme », donc aptes à être vendus.
Et dans cette entreprise se dressa un obstacle imprévu : les daara, les écoles coraniques. Le colon n’avait pas vu venir les Serigne Daara car, avant 1846, les musulmans étaient peu nombreux à Saint-Louis et surtout à Gorée, les deux îles où le colon était confiné, contemplant une vie «dominée par les habitants, métis chrétiens qui mettaient, contre rétribution, leurs captifs à la disposition de l'administration et du commerce pour divers travaux. Ces captifs, ainsi que la plupart des Noirs libres, étaient musulmans, mais avec discrétion», rappelle Denise Bouche.
Le colon fit appel à l’Église pour ouvrir des écoles et y attirer les musulmans noirs. Ce que l’Église refusa dans un premier temps, ne voulant pas mélanger des élèves de religions différentes.
Finalement, le supérieur général et fondateur de l’institut de Ploërmel, l’abbé Jean-Marie de La Mennais, accepta, mais en posant une condition : ne rien faire pour changer la foi des musulmans, lesquels devaient cependant «se soumettre à la discipline et suivre tous les exercices de la journée scolaire». (Cela ne vous rappelle-t-il pas un problème récurrent dans nos écoles privées catholiques formatrice d'une partie l'élite...musulmane ?)
Comme toujours, les bonnes intentions furent mal appliquées puisqu’arriva le premier directeur de l’école de Saint-Louis, le frère Euthyme. Le dynamique enseignant réussit, entre 1844 et 1847, à transformer une soixantaine de jeunes élèves musulmans en bons chrétiens. Sans consulter les parents, estimant qu’à 12 ans, un enfant noir avait l’autonomie de pensée !
Les musulmans ne dirent rien car ces jeunes convertis étaient des captifs. De jeunes enfants que les musulmans libres «donnaient comme compagnons d’études et de jeux à leurs fils» ! Euskey ! Bon, je me perds dans mes divagations. Revenons à la réglementation relative aux écoles musulmanes daara du 28 février 1870.
En réalité, dès 1857, le colon avait pris des textes pour chasser de Saint-Louis « les mauvais marabouts » et forcer les marabouts autorisés à envoyer les apprenants suivre des cours de français le soir.
Faidherbe (encore lui !) était passé par là, inquiet du développement de l’islam dans la colonie, même si la mosquée de Saint-Louis ne fut construite qu’en 1847 et le tribunal musulman dix ans plus tard.
Faidherbe considérait indispensable de scolariser les musulmans (pour servir la France, évidemment) «car, sur les 50 000 sujets que comptait la colonie en 1856, 2 000 chrétiens avaient des écoles religieuses, mais 48 000 musulmans n’avaient aucun moyen d’apprendre notre langue pour commencer à s’assimiler à nous».
Denise Bouche rappelle aussi que Faidherbe écrivit, le 6 mars 1857, une lettre au gouvernement français en ces termes : «L’affaire des écoles, que je regarde comme la plus importante de toutes celles dont j’ai à m’occuper…»
On voit bien qu’il était très conscient — même sans le concept théorisé plus tard — que l’école est un véritable appareil idéologique. Si, aujourd’hui encore, nous attachons une grande importance à la France et à ce que l’élite française pense du Sénégal et des Sénégalais, c’est aussi le fruit des méthodes brutales de Faidherbe.
En 1870, seuls 12 Serigne Daara envoyaient leurs élèves aux cours du soir de l’école française (religieuse ou laïque), comme ordonné par Faidherbe. Les autres marabouts continuaient dans la clandestinité (un peu comme les « cocos » le feront plus tard pour nous convertir au marxisme dans ses multiples variantes, quoi).
Or, se fixant comme objectif la disparition ou l’affaiblissement maximal des écoles coraniques, Paris exigea du gouverneur Valière, successeur de Faidherbe, des mesures plus drastiques.
Le « gornoor » prit donc son Bic bleu (je sais, cela n’existe que depuis 1950 😄) pour signer un règlement stipulant que les Serigne Daara devaient désormais savoir parler français et l’enseigner aux enfants. Tout bonnement. Comment imaginer une telle fantaisie ? Valière ne pouvait même pas plaider la fatigue au moment de signer : en 1870, le Carême n’avait même pas encore commencé (il débuta le 2 mars).
Charge au colon de vérifier l’application de sa propre mesure. Si, après deux ans de daara chez un Serigne supposé parler français, un talibé ne savait pas conjuguer un verbe a l’imparfait du subjonctif, hop, on le sortait du daara et direction école française !
Évidemment, cette réglementation fut un monumental flop.
Photo : Il y a un peu de triche quand même. Je devais vous montrer des photos de daara de Ndar en 1870. Mais pas le temps de chercher ! Alors je vous offre des photos que j’avais prises moi-même le 6 septembre 2025, car j’étais scandalisé par l’état de délabrement de ce que fut le Tribunal musulman de Saint-Louis (dont je parle quand même dans le post), où a sans doute officié le grand Cadi Amadou Makhtar Samb, père de mon cousin philosophe Djibril — et homonyme de mon presque sosie !
#Kebetu #Senegal
28 Février 1870 : Réglementation relative aux écoles musulmanes Daara. A partir de cette date une autorisation de l'administration coloniale était nécessaire pour ouvrir une école coranique. (SenegalDates)
L'homme noir n'a pas fait que se convertir a l'islam et au christianisme, il s'est aussi arabisé/occidentalisé !
Quand l'européen est devenu chretien ,il a representé Jesus en blond aux yeux bleu, a utilisé l'image du patriarche blanc pour Pere Noel ,repris une fete paienne
L'homme noir n'a pas fait que se convertir a l'islam et au christianisme, il s'est aussi arabisé/occidentalisé !
Quand l'européen est devenu chretien ,il a representé Jesus en blond aux yeux bleu, a utilisé l'image du patriarche blanc pour Pere Noel ,repris une fete paienne
Vous pensez que ce vieux Kwashiorkoré toujours invité sur les plateaux de TFM et 7TV comme chroniqueur l est pour son < expertise>?
. Ces chaînes ont signé une convention avec ( Madiambal ?) qui coordonne le clan des débiles à invité sur les plateaux.
https://t.co/QH0xkcQY2I
@sergehopejordan C’est dingue mais genre les chroniqueurs d’info matin tfm sont en train de dire que sonko n’est pas assez ferme quand il a dit "c’est toléré " dans nos sociétés 💀 héé la mauvaise foi 😂