⚠️ Delphine Ernotte a affirmé sous serment, lors de son audition, qu’aucune entreprise n’avait été sollicitée pour préparer les salariés de France Télévisions entendus par la commission d'enquête.
Marianne révèle aujourd’hui que c’est faux. Un cabinet privé a bien été mandaté par France Télévisions pour cette mission. Delphine Ernotte a même participé, en personne, à un déjeuner de travail avec les dirigeants de cette entreprise.
Le délit de parjure devant une commission d’enquête parlementaire est passible de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.
Madame Ernotte, pourquoi avoir menti ? Comment les Français qui payent pour France Télévisions peuvent-ils encore vous faire confiance ?
Ma traque dans Paris jusqu'à la porte de mon domicile puis la diffusion illégale de photos portant atteinte à ma vie privée, auraient donc été organisées, financées et relayées par Xavier Niel.
De quel droit un milliardaire mécontent d'avoir eu à rendre des comptes peut-il, en toute impunité, utiliser ses moyens financiers et médiatiques pour intimider, surveiller et salir un parlementaire dont le seul tort est d'avoir enquêté sur ses contrats passés avec le service public ?
Avez-vous d’ailleurs entendu la moindre réaction de la Présidente de l'Assemblée, pourtant si prompte, il y a dix jours encore, à légitimer cette opération de déstabilisation parlementaire ?
Si certains pensent que ces méthodes mafieuses me feront taire, ils se trompent.
Je continuerai à exercer mon mandat avec la même détermination.
Et si défendre les intérêts des Français exige d’en payer un prix, je l’assumerai.
Une chose dont trop peu de monde prend la juste mesure : ce n’est pas la faute à pas de chance si la banane bleue, l’endroit où se concentre toute la richesse et la population d’Europe se trouve exactement à la frontière de la France et du mauvais côté (pour nous).
Quand on étudie les raisons de cette triste affaire, on déroule 1000 ans d’Histoire des civilisations sur les faiblesses intrinsèques du modèle français.
Chose trop souvent ignorée : initialement, la banane bleue ne contourne pas la France. ELLE LA TRAVERSE.
Et c’est tout à fait logique. Au Moyen Âge, le principal corridor économique de l’Europe relie le nord de l’Italie, qui est riche de ses cités états qui commercent avec le monde musulman et byzantin, aux Flandres, qui produisent de façon proto-industrielles des draps à partir de laine anglaise.
Pourquoi ces deux régions sont particulièrement prospères ? Parce qu’elles ne sont pas sous domination de seigneurs féodaux qui peuvent taxer la classe marchande. L’Italie a conservé de son passé romain un réseau de villes denses et des guildes commerciales fortes. Les Flandres sont une zone tampon entre France et Saint Empire Romain germanique, avec une agriculture très productive grâce à sa géographie qui lui permet d’avoir des villes avec beaucoup de main d’œuvre libre.
Quel est le chemin le plus court entre l’Italie et les Flandres ?
La France bien sûr.
Et la France a le bénéfice au XIIe de ne pas être encore centralisée. Alors les seigneurs peuvent tenter des trucs. Et le comte de Champagne, le bien nommé Henri le libéral, comprend il y a 8 siècles ce qui semble encore mal acquis aujourd’hui par nombre de nos députés : s’il fournit un environnement favorable aux marchands, sécurisé, peu taxé, alors toute la richesse viendra s’agglomérer chez lui.
Les comtes de Champagne vont inventer les lettres de change, les tribunaux commerciaux, les taux de change normalisés, des systèmes de crédits, etc.
La Champagne au Moyen Âge, c’est Singapour. Et presque 1000 ans plus tard, les Parisiens continuent d’aller visiter le weekend des villes comme Provins pour s’extasier sur la beauté et l’opulence de son architecture.
Mais dès 1284, Philippe le Bel se marie avec Jeanne de Champagne, ce qui fait entrer la Champagne dans le domaine royal et donc sous domination capétienne. Et comme toujours, les grands états centralisés ne peuvent résister à la tentation d’aller taxer les marchands de passage, même s’ils savent bien que c’est une stratégie de court terme, et qu’à moyen terme ces derniers s’en iront. (1000 ans plus tard, on a toujours les mêmes débats avec Zucman qui jure ses grands dieux que personne ne fuira jamais sa taxe, pendant que tous les avocats fiscalistes parisiens vendent comme des petits pains des packages clé en main d’expatriation.)
Là-dessus survient la guerre de 100 ans, espèce de guerre civile entre Armagnacs et Bourguigons. Les Armagnacs sont pincipalement de la noblesse terrienne et campagnarde, là où les Bourguignons sont des marchands urbains. Les Armagnacs roustent les Bourguignons, et le sort en est jeté : la France passe sous domination agraire, les marchands et la bourgeoisie urbaine sont vus comme des séditieux à calmer, taxer, dominer. Et si la Bourgogne ducale intègre la France, les Pays-Bas Bourguignon passent aux Habsbourgs.
Et il s’agit là d’un moment crucial et méconnu de l’histoire de France et d’Europe : l’axe économique historique Italie du Nord / Champagne / Flandres se déplace pour contourner la France devenue l’ennemie des marchands, et occupe une route commerciale précédement anecdotique, la route du Rhin.
C’est ainsi que naquit la banane bleue.
Aujourd’hui, la portion hors Italie de la banane bleue, c’est environ 80 millions d’habitants et 5000 milliards de PIB. Dans un monde parallèle où Jeanne d’Arc n’existe pas et les Bourguignons gagnent la guerre de 100 ans, la Grande Bretagne et donc le monde entier sont francophones, et la France a au moins 50 millions d’habitants de plus et un PIB deux fois plus élevé.
C’est à côté de ça que nous sommes passés. (1/2)