Refonder le système éducatif burundais : pour une école de la qualité, de la compétence et de la citoyenneté au service de l’avenir du Burundi
Résumé
Au cours des deux dernières décennies, le Burundi a enregistré des progrès significatifs en matière d’accès à l’éducation grâce à la gratuité de l’enseignement fondamental et aux réformes éducatives engagées depuis 2011. Toutefois, cette expansion quantitative n’a pas produit les gains qualitatifs attendus. Les données récentes révèlent une crise multiforme caractérisée par la massification des effectifs, l’insuffisance des infrastructures, le déficit d’enseignants qualifiés, la faiblesse des apprentissages fondamentaux, l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché du travail, ainsi qu’un sous-financement chronique des investissements éducatifs. Cet article propose une analyse critique des réformes éducatives mises en œuvre depuis 2011, met en évidence les principaux défis structurels auxquels le système éducatif burundais est confronté et formule des orientations stratégiques visant sa refondation dans la perspective de la Vision Burundi 2040-2060. L’étude soutient que le défi principal du Burundi n’est plus seulement l’accès à l’éducation mais la construction d’un système capable de développer des compétences de qualité, de promouvoir l’innovation et de former des citoyens responsables, inspirés des valeurs d’Ubuntu et d’Ubushingantahe.
Mots-clés : système éducatif burundais, qualité de l’éducation, réforme éducative, capital humain, refondation de la Nation, enseignement supérieur.
1. Introduction
Les travaux de Becker (1993), Sen (1999) et plus récemment ceux de Hanushek et Woessmann démontrent que l’éducation constitue l’un des principaux déterminants du développement économique et de la compétitivité des nations. Dans l’économie contemporaine fondée sur la connaissance, les systèmes éducatifs sont appelés à former des citoyens capables de s’adapter aux mutations technologiques, aux transformations du marché du travail et aux exigences du développement durable.
Au Burundi, l’éducation occupe une place stratégique dans les politiques publiques de développement. La gratuité de l’enseignement fondamental instaurée en 2005 ainsi que les réformes engagées à partir de 2011 ont permis une augmentation substantielle des effectifs scolaires. Entre 2018-2019 et 2022-2023, les effectifs du préscolaire ont augmenté de 63,9 %, passant de 107 173 à 175 633 enfants. Ceux de l’enseignement fondamental sont passés de 2 548 065 à 2 902 911 élèves, tandis que l’enseignement supérieur est passé de 41 868 à 67 373 étudiants.
Cependant, malgré ces avancées quantitatives, la qualité des apprentissages demeure préoccupante. Les rapports du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Recherche Scientifique mettent en évidence une série de défis structurels qui compromettent la capacité du système éducatif à répondre aux ambitions nationales d’émergence économique et de développement durable.
La problématique centrale de cette étude est donc la suivante : dans quelle mesure les réformes éducatives mises en œuvre depuis 2011 ont-elles permis d’améliorer la qualité du système éducatif burundais et quelles transformations restent nécessaires pour faire de l’éducation un véritable moteur du développement national ?
2. Approche méthodologique
Cette réflexion repose sur une analyse documentaire fondée principalement sur :
Le Rapport d’analyse du système éducatif du Burundi (MENRS, 2024) ;
La Politique nationale éducative à l’horizon 2060 ;
Le Plan Sectoriel de l’Éducation 2022-2030 ;
Les données récentes du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), de l’UNESCO, de l’UNICEF et de la Banque mondiale. L’analyse adopte une approche systémique permettant d’examiner les interactions entre accès, qualité, gouvernance, financement et pertinence de l’éducation.
3. Résultats et discussion
3.1. La massification des effectifs : un succès quantitatif aux effets pervers
L’un des succès les plus visibles des politiques éducatives burundaises réside dans l’accroissement rapide de la demande scolaire. Toutefois, cette expansion n’a pas été accompagnée d’investissements proportionnels dans les infrastructures et les ressources humaines.
Les chiffres illustrent l’ampleur du problème :
Déficit national de 796 927 bancs-pupitres à l’enseignement fondamental ;
Besoin estimé à 16 868 nouvelles salles de classe ;
Ratios atteignant 83 élèves par enseignant à Kayanza, 75 à Karusi et 69 à Kirundo ;
Groupes pédagogiques de 100 à 150 élèves observés dans certaines écoles urbaines.
Cette situation produit un phénomène bien connu dans la littérature éducative : la démocratisation de l’accès sans démocratisation de la qualité. L’État a réussi à scolariser davantage d’enfants, mais sans garantir des conditions d’apprentissage favorables.
3.2. Une crise profonde de la qualité des apprentissages
L’analyse des indicateurs de performance révèle une détérioration préoccupante des acquis scolaires.
Le taux d’achèvement du fondamental n’était que de 22,4 % en 2023-2024, alors que la réforme visait 65 %. Les taux de redoublement et d’abandon du cycle IV de l’école fondamentale atteignent respectivement 25,3 % et 22,3 %.
Les résultats du concours national sont encore plus révélateurs. Entre 2016 et 2026, la note minimale permettant l’accès au post-fondamental a fluctué entre 32 % et 46,5 %, ce qui signifie qu’une partie importante des élèves accède au cycle suivant avec une maîtrise très insuffisante des apprentissages fondamentaux.
Cette situation interroge directement l’efficacité des mécanismes actuels d’évaluation et d’avancement de classe.
3.3. Analyse critique des réformes éducatives de 2011
3.3.1. Une réforme conçue sans évaluation approfondie du système précédent
L’un des constats majeurs formulés dans les rapports du MENRS est que la réforme de 2011 a été mise en œuvre sans analyse suffisamment approfondie des acquis et limites du système antérieur.
Une réforme éducative durable doit normalement suivre un cycle comprenant : Diagnostic ; Expérimentation ; Généralisation ; Suivi-évaluation et Ajustements.
Or, plusieurs composantes de la réforme ont été généralisées avant même que leur impact sur les apprentissages ne soit rigoureusement évalué.
3.3.2. La réduction du temps d’apprentissage
L’enseignement fondamental de neuf ans a intégré l’ancien primaire et le cycle inférieur tout en supprimant une année d’études. Parallèlement, le temps consacré aux disciplines fondamentales a été fortement réduit : le français est passé de 10-13 heures hebdomadaires à 6-8 heures dans le primaire ; les mathématiques ont également subi une réduction importante ; le temps réel annuel d’apprentissage est tombé à 651 heures pour certains groupes pédagogiques alors que les normes UNESCO prévoient 1 050 heures.
Cette compression temporelle constitue probablement l’un des facteurs explicatifs majeurs de la baisse des niveaux observée aujourd’hui.
3.3.3. L’introduction simultanée de plusieurs innovations curriculaires
L’intégration de l’anglais, du kiswahili, des TIC et de l’entrepreneuriat répond à des besoins réels d’ouverture régionale et d’adaptation au monde contemporain. Cependant, leur introduction s’est parfois faite au détriment de la consolidation préalable des compétences fondamentales.
Le défi n’est donc pas l’introduction de ces disciplines mais leur arrimage insuffisant aux capacités réelles du système de formation des enseignants.
3.4. Le défi de la professionnalisation des enseignants
La qualité d’un système éducatif ne peut dépasser la qualité de ses enseignants. Or, le Burundi comptait en 2025 12 293 enseignants bénévoles, représentant près de la moitié des éducateurs du préscolaire.
Plusieurs difficultés persistent : insuffisance de la formation initiale ; faible maîtrise du français ; affectation d’enseignants dans des disciplines non maîtrisées ; absence de politique robuste de formation continue ; départs à la retraite insuffisamment anticipés et politisation dans le recrutement des enseignants et des cadres du Ministère.
Cette situation réduit considérablement l’impact attendu des réformes curriculaires.
3.5. L’inadéquation entre formation et emploi
L’enseignement supérieur souffre d’un décalage important entre les profils formés et les besoins économiques du pays.
Une étude citée par le MENRS indique que :
45,8 % des employeurs jugent la formation des diplômés insuffisante ;
34,9 % la considèrent inadaptée aux besoins du marché du travail.
Par ailleurs :
37 % des étudiants sont inscrits dans les sciences économiques et de gestion ;
Les filières scientifiques et technologiques restent sous-fréquentées.
Ce déséquilibre compromet les ambitions d’industrialisation et de transformation structurelle de l’économie nationale.
3.6. Le sous-financement chronique de l’éducation
Le financement constitue un défi transversal.
En 2023-2024 :
75 % du budget éducatif était consacré aux salaires ;
Seulement 9,6 % étaient affectés aux investissements.
Cette situation explique :
L’état de délabrement des infrastructures (le cas de l’ancien collège du Saint-Esprit, campus KIRIRI en dit long) ;
L’insuffisance des bibliothèques ;
Le manque de laboratoires ;
La faible intégration du numérique ;
Les difficultés de financement de la recherche scientifique.
4. Perspectives de refondation du système éducatif burundais
La refondation de l’école burundaise devrait s’articuler autour de cinq priorités stratégiques :
1) Redéfinir le projet de l’école
L'école burundaise moderne d’aujourd’hui et de demain doit dépasser le modèle traditionnel centré sur l'accumulation des connaissances pour devenir une école de transformation humaine et nationale. Elle doit former un citoyen compétent, enraciné dans les valeurs d'Ubuntu, d'Ubushingantahe et de Ndi Umurundi, capable d'allier savoir, éthique, patriotisme et innovation. Une telle école constituerait le principal moteur de la Vision de Refondation d'une nation réconciliée, unie, digne, moderne et prospère.
2) Réhabiliter les apprentissages fondamentaux
Renforcement du français ; développement de la lecture ; consolidation des mathématiques ; évaluations nationales standardisées régulières.
3) Professionnaliser durablement les enseignants
Recrutement sur base des besoins réels et sans politisation, suppression progressive du bénévolat, développement d’un système national de formation initiale et continue.
4) Moderniser les infrastructures éducatives
Construction des salles de classe manquantes, équipements numériques, laboratoires, bibliothèques.
5) Renforcer les filières scientifiques, techniques et professionnelles
Ecoles-industries, centres-ateliers, système d’alternance formation-entreprise, incubateurs d’innovation.
6) Faire de l’université un moteur de l’innovation
Développement de la recherche appliquée, partenariats université-entreprises, écoles doctorales gérées avec une grande rigueur scientifique, amélioration des conditions de vie étudiantes et enseignantes.
5. Conclusion
L’analyse des données récentes montre que la crise actuelle de l’éducation au Burundi est moins une crise d’accès qu’une crise de qualité, de gouvernance et de pertinence. Les réformes entreprises depuis 2011 ont permis une démocratisation remarquable de l’accès à l’éducation, mais elles n’ont pas produit les améliorations attendues en matière d’acquisition des compétences fondamentales.
Le système éducatif burundais se trouve désormais face à un changement de paradigme. L’objectif ne doit plus être uniquement de scolariser davantage, mais de former mieux. La transition doit s’opérer d’une logique de massification vers une logique d’excellence, de professionnalisation et d’innovation.
Dans cette perspective, la réussite de la Refondation de la Nation dépendra largement de la capacité du pays à transformer son système éducatif en un véritable moteur de développement économique, scientifique et social, capable de former des citoyens compétents, créatifs, responsables et profondément enracinés dans les valeurs d’Ubuntu et d’Ubushingantahe.
Références bibliographiques
Becker, G. S. (1993). Human Capital: A Theoretical and Empirical Analysis. University of Chicago Press.
Global Partnership for Education. (2025). Education in Burundi: Country Profile.
MENRS. (2024). Rapport d’analyse du système éducatif du Burundi. Bujumbura.
MENRS. (2026). Politique nationale éducative à l’horizon 2060. Bujumbura.
République du Burundi. (2022). Plan Sectoriel de l’Éducation 2022-2030.
Sen, A. (1999). Development as Freedom. Oxford University Press.
UNESCO-IIPE Dakar. (2021). Analyse du secteur de l’éducation : Le système éducatif burundais.
UNICEF Burundi. (2024). Analyse budgétaire du secteur de l’éducation.
World Bank. (2024). Burundi Learning Poverty Brief. @kazanes0@HollyEude@AndreNikwigize1@Consultantxxl@yigenga@ReynoldsButari@Baconib
Dans son livre intitulé ’’#Burundi : 1972, Le Temps des ténèbres’’, présenté au public ce mardi 1er septembre, Gérard Mfuranzima demande aux Burundais de tout faire pour que les tueries qui ont endeuillé le pays ne se reproduisent plus.
Selon lui, différentes crises qui se sont passées au Burundi ont laissé des cicatrices profondes.
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🇧🇮 NDI UMURUNDI. JE SUIS BURUNDAIS.
Avant d'être de telle ethnie, de tel clan, de telle colline, de telle région ou de telle sensibilité politique, nous sommes d'abord des filles et fils du Burundi. Aucune ethnie, aucun clan, aucune région, aucun parti ne doit être plus fort(e) que notre identité commune: MURUNDI.
Pendant trop longtemps, les discours de division ont tenté de nous convaincre que ce qui nous sépare est plus fort que ce qui nous unit. Trop longtemps, les blessures du passé douloureux ont été utilisées pour nourrir la méfiance, la peur et la haine. Malheureusement, nous assistons aujourd'hui à des dicours de haine, des appels à la violence et une politique d'exclusion, devenus un mode de gouvernance en paroles et en actes.
Aujourd'hui, nous, Burundais choisissons.
Le choix de refuser les paroles qui opposent les Burundais aux Burundais. Le choix de rejeter les appels à la violence, à l'exclusion et à la stigmatisation. Le choix de protéger nos enfants de l'héritage de la haine. Le choix de construire un Burundi réconcilié avec lui-même, un Burundais paisible, un Burundi digne, un Burundi moderne, un Burundi prospère.
Ndi Umurundi n'est pas seulement un slogan.
C'est une solution à la crise grave identitaire et ses conséquences. C'est un engagement. C'est le courage de dire que notre avenir commun vaut plus que nos divisions passées. C'est le choix de défendre ses droits: vivre sur le sol burundais et plus jamais de réfugiés, être sécurisé par les forces de sécurité républicaines, nationale et non une milice d'un parti politique, être protégé par une justice totalement indépendante de l'exécutif et d'un parti politique quelconque. C'est le choix de la jeunesse d'exiger une éducation de qualité et de s'épanouir sur le sol burundais. C'est le choix des femmes d'exiger leurs droits d'être respectées, sécurisées et protégées, d'accéder aux fonctions au même pied d'égalité que les hommes.
Quand un Burundais souffre, c'est toute la Nation qui souffre. Quand un Burundais est humilié, c'est notre dignité collective qui est atteinte. Quand un Burundais tend la main à un autre Burundais, c'est le Burundi tout entier qui grandit.
Rejoindre la dynamique Ndi Umurundi, c'est choisir l'Ubuntu, l'Ubushingantahe, le respect mutuel, la vérité, la justice, le dialogue et la solidarité.
C'est affirmer haut et fort :
« Hariho ibidutandukanya, ariko ibiduhuza ni vyinshi cane : NDI UMURUNDI ! »
Que vous viviez au Burundi ou dans la diaspora, vous avez votre place dans ce mouvement de rassemblement, d'espérance et d'un avenir pour tout un peuple meurtri par la mauvaise gouvernance devenue un mode de gouvernement. Prenons-en conscience, approprions-nous cette vision nationale, diffusons-la et enseignons-la autour de nous. Finalité: changement individuel, changement en équipe organisée ou non (club, mouvements, partis politiques, organisations de la société civile, etc.).
🤝 Refusons la haine. 🕊️ Refusons la violence. ❤️ Choisissons l'unité. 🇧🇮 Choisissons le Burundi.
NDI UMURUNDI. KANDI NDABISHIMA. NDI UMURUNDI NI WEWE, NI JEWE! CETTE IDEOLOGIE NDI UMURUNDI EST BIEN CELLE DU PRINCE ET PREMIER MINISTRE LOUIS RWAGASORE VOTÉE LE 18/09/1961. ADHESION A CETTE IDEOLOGIE, MERCI DE PARTAGER @yigenga@AndreNikwigize1@kazanes0@Consultantxxl@OscarButare1@ReynoldsButari@HollyEude@alphonseru93590@semerera2@Baconib
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Module 3 : « La lutte politique et ses raisons ». Etat des lieux, vision, idéologies, contentieux principal et secondaires, puis les enjeux actuels autour de l’identité, des institutions et de l’économie. Comprendre pour agir, Organiser pour transformer
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1. En économie publique, l’équité verticale exige que les agents dans des situations économiques différentes soient traités de manière différenciée, en faveur des plus défavorisés. Dans le cas des subventions aux intrants agricoles, cela se traduit par un soutien plus important aux petits exploitants qui font face à des contraintes de liquidité plus sévères, à un accès plus limité au crédit et à une plus grande vulnérabilité face aux chocs.
2. La tarification de l’Article 205 répond à ce principe de plusieurs manières :
2.1. Différenciation explicite des taux : le différentiel de 16 points de pourcentage entre la plus petite et la plus grande catégorie (67 % vs 51 %) crée un avantage relatif substantiel pour les petits acheteurs.
2.2. Auto-ciblage par le volume : dans un contexte où la taille de la commande est fortement corrélée à la taille de l’exploitation et au niveau de revenu, le volume devient un proxy acceptable du besoin. Les petits exploitants, qui commandent naturellement de faibles quantités, bénéficient automatiquement du taux le plus favorable.
2.3. Incidence progressive observée : la simulation montre que les catégories de petites commandes captent une part de la subvention totale disproportionnée par rapport à leur poids démographique. Cela confirme que le mécanisme redistribue effectivement les ressources publiques en faveur des plus modestes.
3. Toutefois, l’équité verticale n’est jamais parfaite. L’effet volume (les gros acheteurs, même avec un taux plus faible, peuvent capturer une part non négligeable du budget total grâce à la taille de leurs commandes) et les risques de fractionnement stratégique des commandes peuvent atténuer le caractère pro-pauvres de la mesure.
4. C’est pourquoi le suivi de l’incidence réelle (et non seulement des taux affichés) demeure indispensable.
5. Conclusion
5.1. Le graphique met en évidence que la tarification progressive de l’Article 205 constitue un instrument d’équité verticale cohérent avec les objectifs de ciblage des petits exploitants. En rendant la subvention dégressive avec le volume, le législateur a introduit un mécanisme d’auto-sélection qui favorise les agriculteurs les plus vulnérables.
5.2. Cette approche s’inscrit dans la logique des « subventions intelligentes » : elle combine un objectif de productivité agricole avec un souci de redistribution. Son succès dépendra toutefois de la qualité de la mise en œuvre, de la capacité à limiter les fuites et de l’intégration de la mesure dans un package plus large de politiques agricoles (crédit, vulgarisation, accès aux marchés).
5.3. En l’état, la structure retenue représente une avancée notable dans la recherche d’un meilleur équilibre entre efficacité productive et équité verticale dans le secteur agricole burundais.
🔴 🇧🇮 𝗟𝗲 𝗱𝗲𝘀𝘁𝗶𝗻𝗮𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝘂 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗥𝘄𝗮𝗴𝗮𝘀𝗼𝗿𝗲 (19 𝘀𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 1961) : 𝗮𝗻𝗮𝗹𝘆𝘀𝗲 𝘁𝗲𝘅𝘁𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘁 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝘅𝘁𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲
1. 𝘐𝘯𝘵𝘳𝘰𝘥𝘶𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯
La phrase « 𝘝𝘰𝘶𝘴 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘫𝘶𝘨𝘦𝘳𝘦𝘻 à 𝘯𝘰𝘴 𝘢𝘤𝘵𝘦𝘴, 𝘦𝘵 𝘷𝘰𝘵𝘳𝘦 𝘴𝘢𝘵𝘪𝘴𝘧𝘢𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘴𝘦𝘳𝘢 𝘯𝘰𝘵𝘳𝘦 𝘧𝘪𝘦𝘳𝘵é », prononcée par Rwagasore au lendemain de la victoire électorale de l’UPRONA, pose la question de son destinataire.
L’analyse conclut qu’elle vise le peuple burundais, non l’administration belge.
2. 𝘈𝘯𝘢𝘭𝘺𝘴𝘦 𝘵𝘦𝘹𝘵𝘶𝘦𝘭𝘭𝘦
Le discours s’ouvre par « Mes chers compatriotes », formule qui exclut d’emblée les administrateurs coloniaux. Il précise ensuite que « le peuple murundi vient de choisir ses dirigeants nationaux » : le « vous » renvoie donc aux électeurs burundais, seuls concernés par ce scrutin.
3. 𝘊𝘰𝘯𝘵𝘦𝘹𝘵𝘦 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦
Le discours suit immédiatement les élections législatives du 18 septembre 1961. Les Belges n’étant pas partie prenante du vote, ils ne peuvent être les destinataires logiques d’une allocution centrée sur le verdict des urnes et la mobilisation nationale post-électorale.
4. 𝘓𝘦 « 𝘷𝘰𝘶𝘴 » 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦𝘴 𝘥𝘪𝘴𝘤𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘥𝘦 𝘙𝘸𝘢𝘨𝘢𝘴𝘰𝘳𝘦
Dans l’ensemble de ses prises de parole publiques, Rwagasore emploie un « vous » fraternel pour s’adresser aux Burundais — jeunes, paysans, militants. Face aux autorités belges, son registre est différent : revendication et distance critique, jamais recherche de satisfaction mutuelle.
5. 𝘊𝘰𝘩é𝘳𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘪𝘯𝘵𝘦𝘳𝘯𝘦
Le discours insiste sur l’unité entre vainqueurs et perdants du scrutin, « tous des Barundi ». Cette logique de responsabilité — légitimité populaire, jugement sur les actes, satisfaction du peuple comme mesure du succès — s’adresse à la nation, pas au colonisateur.
6. 𝘓𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘭𝘰𝘯𝘴 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦-𝘮𝘰𝘥è𝘭𝘦
Rwagasore dénonçait les pratiques coloniales et défendait un Burundi souverain, libéré de la tutelle belge. Il serait contradictoire qu’il promette aux Belges de rechercher leur satisfaction, alors qu’il cherchait précisément à s’en émanciper.
7. 𝘊𝘰𝘯𝘴𝘦𝘯𝘴𝘶𝘴 𝘩𝘪𝘴𝘵𝘰𝘳𝘪𝘰𝘨𝘳𝘢𝘱𝘩𝘪𝘲𝘶𝘦
Les historiens s’accordent : Rwagasore construisait une légitimité populaire et parlait à ses concitoyens. Aucune source n’attribue cette phrase à un message destiné aux colons.
𝘊𝘰𝘯𝘤𝘭𝘶𝘴𝘪𝘰𝘯
Cette phrase marque le passage d’un pouvoir colonial tourné vers Bruxelles à un pouvoir national responsable devant les Burundais.
" Vous nous jugerez à nos actes et votre satisfaction sera notre fierté".
1/4 Rwagasore n’a jamais œuvré à satisfaire les colonisateurs belges. Il s’est plutôt dressé contre eux avec abnégation. Les colonisateurs n’ignoraient donc rien de son hostilité à leur égard.
Sur la colline Buburu, en zone Gisozi de (#Mwaro ), les habitants s'inquiètent du rejet des opinions différentes. Pour eux, cette intolérance ne freine pas seulement le dialogue, elle alimente la méfiance, la frustration et peut être une source de violences.
https://t.co/dlcuWnC3Gy
Une interview inédite de Feu Président Pierre Buyoya. Très instructive, de mon point de vue, avec une clarté de vision remarquable concernant le conflit ethnique qu'il reconnaît et la nécessité des réformes, y compris de l'armée nationale dont il reconnait le déséquilibre ethnique. Comme quelqu'un qui enseigne la sociologie et la philosophie morale (éthique), sans être "buyoyiste", j'apprécie en particulier les questions des journalistes et l'ouverture dont feu le Président, lui-même Tutsi, faisait preuve pour y répondre clairement en toute sérénité:
https://t.co/W69J8PqDmF