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Il faut imaginer une France avec un déficit budgétaire intenable de 5% qui n'a pas connu de surplus depuis plus d'une génération, un déficit commercial abyssal, des entreprises non compétitives que l'on aide avec des rustines de subventions, des dépenses sociales qui explosent au moment même où les dépenses militaires deviennent urgentes, une dette gargantuesque dont les intérêts avalent toute marge de manœuvre. Et une assemblée trop divisée pour faire quoi que ce soit.
Une France dans une situation tellement intenable qu'elle connaît l'humiliation d'un prêt sous conditions du FMI pour pouvoir simplement financer ses importations.
Ce n'est pas un scénario de prospective 2027, c'est l'année 1957.
Et pourtant en 5 ans, tout bascule : dès 1963 la France retrouve le statut de grande puissance industrielle qu'elle n'avait plus connu depuis Napoléon III, un siècle plus tôt.
Qui se souvient vraiment de ce qu'il s'est passé ? De la recette du redressement ?
FRANCE 1957 : UN PAYS AU BORD DE L’EFFONDREMENT
En 1957 l'industrie française est dépassée.
Elle produit quelques pépites dues au génie isolé de quelques ingénieurs d'élite, la DS de Citroën, l'avion Caravelle, mais rien à l'échelle nécessaire. Son industrie est sous-dimensionnée par rapport à celles des Américains, son organisation interne est archaïque, caractérisée par des relations très tendues entre syndicats et patrons. Le coût du travail et la fiscalité sont très élevés, alors que sa productivité est faible. Impossible donc d'exporter, impossible d'investir suffisamment, de construire des usines modernisées, efficaces, suffisamment automatisées.
Alors même que la nouvelle révolution industrielle autour de l'aéronautique, du nucléaire, de l'espace bat son plein.
Comme le pays ne peut s'enrichir par le dynamisme de son économie, le gouvernement de Mollet compense par le social. Ajoute une semaine de congés payés, augmente le salaire minimum, augmente les fonctionnaires, introduit un minimum vieillesse, bloque les prix agricoles…
Mais tout cela coûte de plus en plus d'argent et ne fait que renforcer le manque de compétitivité de l'industrie française. Alors on multiplie les aides aux entreprises, les subventions à l'export, les facilités de paiement. Les grandes entreprises bien connectées en profitent, les petites périclitent.
Tout cela est financé par la dette. Et les aides et niches créées deviennent impossibles à réformer sans s'aliéner leurs bénéficiaires.
Et c’est au milieu de cette débandade économique que les frais liés à la guerre en Algérie explosent. Le pays est exsangue et ne peut plus faire face à ses dettes.
Il doit avoir recours au FMI. C'est l'impasse et l'humiliation.
Cette situation est… très très familière pour le moins.
Tout le monde sait comment cela finit : le régime ne survit pas à la crise, la IVe République meurt, et De Gaulle est appelé au pouvoir.
Mais comment le redressement a-t-il réellement lieu ensuite ? Comment est-on passé d'un pays totalement à terre à la France dominante et florissante du Général De Gaulle ?
LA RECONSTRUCTION GAULLIENNE
Face à l’ampleur de la crise, le 3 juin 1958 De Gaulle obtient de l’Assemblée Nationale les pleins pouvoirs législatifs jusqu'au 8 janvier. Il a 6 mois pour redresser l'économie française.
Il charge Jacques Rueff d'établir un plan de résurrection de l'économie nationale. Jacques Rueff est ce qui se fait de mieux dans la grande tradition des grands administrateurs français : un polytechnicien, inspecteur des finances, issu du cercle de réflexion X-crise, des anciens X qui réfléchissent à la meilleure façon de rendre à la France une économie digne d'elle.
Rueff a des idées précises sur ce qui doit être entrepris pour la France et comprend tout le poids de la charge qui lui est confiée. Le 8 décembre 1958, un mois seulement avant la fin de la fenêtre où tout reste possible, Rueff remet à De Gaulle son rapport complet qui se conclut ainsi : « Ce programme ne peut être celui d'un groupe ou d'un parti, mais seulement celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister. »
Le plan doit être adopté en conseil des ministres le 27 décembre. Mais le 24, Pinay, ministre des finances, juge le plan trop radical et menace de démissionner s'il n'est pas atténué. De Gaulle ne lâche rien. Le 27, quelques heures à peine avant le moment où doit se tenir le conseil des ministres fatidique, les 4 ministres SFIO envoient une lettre de démission, ce qui bloque tout. De Gaulle met une pression biblique, et obtient qu'ils diffèrent leur départ au 8 janvier, jour où le régime parlementaire sera rétabli.
Ce jour-là, le 27 décembre 1958, le plan Rueff est adopté dans son intégralité par le conseil des ministres.
De Gaulle défend son plan directement à la radio le lendemain, dans une allocution encore disponible sur le site de l'INA. Il s'exprime ainsi : « Sans l'effort de mise en ordre avec les sacrifices qu'il requiert et avec les espoirs qu'il suscite, nous resterions un pays à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité. Au contraire, si nous réussissons la grande entreprise nationale du redressement économique et financier, quelle étape sur la route qui mène la France vers les sommets ! »
En quoi consiste le remède de cheval administré par Rueff et De Gaulle ? 4 étapes.
1. Supprimer toutes les rustines pour stopper l'hémorragie.
De toutes façons elles n’existent que parce que les vrais problèmes n’ont jamais été réglés.
Alors plus de subventions aux entreprises, à la sécurité sociale, à la consommation. Fin des boucliers tarifaires (l'électricité et le charbon prennent immédiatement 15%). Tout est désindexé. Le blé, les salaires. Non seulement les retraites ne sont pas épargnées, mais on supprime la retraite pour les anciens combattants valides. (Le message est clair : si tu es en état de travailler, la France a besoin de toi, pas que tu restes à la maison.) Les dépenses de l'État baissent immédiatement de 14%, alors qu'elles ne faisaient qu'augmenter depuis un demi-siècle. BOUM.
2. Augmenter les recettes de l'État en taxant prioritairement ce qui a le moins d’impact sur la performance économique du pays.
Augmentation de la TVA. Augmentation des taxes sur le tabac et l'alcool. Augmentation de l'impôt sur les sociétés.
3. Rétablir la compétitivité des entreprises.
Cela pourrait sembler antinomique avec l'augmentation de l'IS, mais la réalité est que pour être taxé, il faut déjà faire du profit, et pour faire du profit, il faut déjà être compétitif. L'IS n'est ainsi pas l'ennemi numéro 1 de la compétitivité de l’époque. Le problème des entreprises françaises en 1957 consiste en des coûts de production disproportionnés par rapport à ceux de leurs voisins. Alors Rueff dévalue le franc. Et pas qu'un peu. Quasiment d'un tiers. 8 ans d'inflation effacés. Les entreprises françaises redeviennent compétitives, les importations deviennent prohibitives.
Alors bien sûr, ça fait mal. Pendant deux ans, la situation est compliquée. Ce n'est pas pour rien que personne sous la IVe n'avait eu le courage ou les moyens de déployer un tel plan. Le pouvoir d'achat des ménages diminue. La croissance ralentit. Les anciens combattants manifestent. Les mécontents sont multiples : agriculteurs, ouvriers, PME… Les conseillers de De Gaulle l'avaient prévenu, et De Gaulle avait répondu « Eh bien les Français crieront… et après ? »
Et bien après…
La balance des paiements devient excédentaire dès 1959, et la France rembourse sa dette extérieure dans l'année. En 1957, les exportations ne couvraient que 75% des importations ; en 1960, 111%. La France accumule les réserves d'or, qui passent de 516 tonnes quand De Gaulle arrive au pouvoir à 2700 en 1963. (Nous en avons 2400 aujourd'hui). Et dès 1960, la croissance accélère et les salaires repartent fortement à la hausse.
Pour rendre ces sacrifices plus acceptables, De Gaulle s'appuie sur un récit fort de refondation. Nous ne sommes pas en train de liquider un modèle social, nous sommes en train de refonder la France. Et ce qui a le plus péché en France de la façon la plus visible à l'époque, c'est la monnaie, dont la valeur s'effritait de mois en mois. Alors De Gaulle utilise un levier purement symbolique : il instaure le nouveau franc, en retirant simplement deux zéros à l'ancien franc, pour rendre selon ses mots « au vieux franc français, dont les pertes expriment nos épreuves, une substance respectable ». Tous les jours les Français utilisent des francs, et tous les jours ils peuvent sentir la nouvelle ambition que leur monnaie porte. Elle ressemble désormais beaucoup plus au dollar.
4. Reconstruire en se positionnant à l’avant-garde technologique.
Cette période de redressement financier n'est pas une finalité en soi. Il ne s'agit que de la douloureuse étape indispensable pour se donner les moyens de l'expansion. La France a désormais une monnaie stable, un État avec des marges de manœuvre financières et des entreprises libérées du boulet de coûts de production excessifs. Il est temps de passer à la reconstruction de l'appareil productif français, et de refaire de la France ce qu'elle n'était plus depuis un siècle : l'avant-garde mondiale de l'industrie, des sciences et des technologies.
Aujourd'hui encore, on peine à mesurer ce qui a été accompli en moins de 10 ans.
A. Consolidation et modernisation de l’existant.
Les lois d'orientation agricole de 62 font passer l'agriculture de la paysannerie au productivisme exportateur et transforment la France en première puissance agricole européenne. L'état favorise la concentration industrielle pour créer des champions de taille mondiale dans la chimie, l'aluminium, la sidérurgie.
B. Réorganisation du territoire.
La DATAR créée en 1963 transforme le territoire français en machine de guerre : autoroutes, ports, zones industrielles, métropoles d'équilibre, villes nouvelles. Aménagement du littoral Languedoc-Roussillon, le complexe de Fos-sur-Mer, l'usine marémotrice de la Rance. On investit dans les infrastructures, dans la croissance de la population. On crée des pôles d'excellence : Orsay-Saclay, Bretagne-Nord pour les télécommunications, Toulouse pour l'aérospatial, Lyon pour chimie-biologie-médecine.
C. Focalisation sur les industries du futur
On prend à bras le corps tous les grands sujets technologiques et souverains de l'époque, et on déroule. Création du CNES en 1961, lancement du premier satellite français, Astérix, en 1965, avec une fusée Diamant de fabrication 100% française. La France devient la troisième puissance spatiale derrière les US et l'URSS.
Lancement du programme Concorde en 1962. Le premier avion sort des usines toulousaines en 1967.
Déploiement du nucléaire civil. Et une décision qui en dit long : la IVe République avait signé en 1957-1958 les accords FIG avec l'Allemagne et l'Italie pour développer une dissuasion nucléaire à trois, avec usine d'enrichissement cofinancée. De Gaulle enterre le projet dès son retour au pouvoir, construit Pierrelatte seul, et fait cavalier seul sur la bombe. (La souveraineté ne se partage pas.)
Premier essai Gerboise bleue en 1960 dans le Sahara, premier sous-marin lanceur d'engins le Redoutable en 1967. Après le traumatisme de 1940, De Gaulle vient de s'assurer que plus jamais la France ne pourra être envahie.
En 1963, l'armée française a besoin d'un super calculateur Control Data fabriqué aux États-Unis pour effectuer les simulations indispensables pour passer de la bombe A à la bombe H. Washington bloque l'export pour entraver le redressement français, et l'américain General Electric prend le contrôle du français Bull en 1964. (Rachat de pépites françaises et limitation des exports, tiens tiens tiens) De Gaulle comprend que l'informatique est devenue un sujet majeur de puissance et lance en 1966 (!!!) un grand plan informatique, avec un délégué à l'informatique qui dépend directement du premier ministre, et crée la CII par la fusion des activités informatiques de Thomson, CGE et Schneider. La France développe sa bombe H.
D. La recherche et les sciences au cœur du projet France
Peut-être le plus important à noter est que la France de De Gaulle mise tout sur la puissance scientifique. Réorganisation du CNRS en 1961, création du CNES pour la conquête spatiale en 1961, de l'INSERM en 1964 pour la biotech et la recherche médicale, de l'IRIA pour l'informatique et l'automatisation en 1967, du CNEXO pour explorer et exploiter notre vaste domaine maritime, l'ANVAR pour s'assurer que la recherche se transfère bien vers l'industrie en 1967.
Le nombre de chercheurs en France passe de 9000 quand De Gaulle arrive au pouvoir à 31000 quand il le quitte. Les dépenses de R&D passent de 2,46% du budget de l'État en 1958 à 6,2% dès 1967. En 2026 aucun pays sur terre ne fournit le même effort public que la France de De Gaulle.
Résultat : en moyenne la France gaullienne croît de 5,48% par an pendant 11 ans quand les États-Unis sont à 4,26 %. L'année du départ, 1969, la France fait 7% de croissance. Un record jamais retrouvé depuis. Alors même que la dette française est divisée par deux. Lors de son règne, De Gaulle double quasiment la taille de l'économie française.
En 1973, le Hudson Institute publie une étude prospective sur l'économie mondiale. Il prévoit que la France devrait être de loin la première économie européenne et les Français, les Européens les plus riches. Malheureusement, les successeurs de De Gaulle n'ont pas eu la vision et le courage nécessaires pour tenir la trajectoire.
Récapitulons comment De Gaulle a fait passer la France d'un pays failli à une puissance mondiale.
1. Attendre que la crise permette d’obtenir des pouvoirs spéciaux pour contourner les blocages parlementaires.
2. Rétablir les finances pour se donner les marges de manœuvre nécessaires, en se débarrassant de toutes les rustines accumulées et en taxant ce qui ne nuit pas à la performance économique.
3. Rendre les entreprises françaises compétitives de façon structurelle et non par rustines en baissant leurs coûts.
4. Reconstruire le tissu industriel et productif en consolidant l’existant, réorganisant le territoire, investissant massivement dans les technologies du futur, et pariant à fond sur la recherche scientifique.
RECONSTRUIRE LA FRANCE DE 2026
La France d'aujourd'hui nous rappelle furieusement la France de 1957. Déficit de 5,1 % du PIB, dette à 117,5 %, dernier excédent budgétaire en… 1974, retraites qui représentent 14% du PIB là où la moyenne OCDE est 8%, des dépenses sociales non financées qui s'accumulent, des besoins de réarmement urgents mais infinançables, des besoins d'investir dans l'IA et la robotique mais pas un rond pour le faire ; une industrie tombée à 9,6 % du PIB (Chine, Allemagne, Corée), un déficit commercial à 100 milliards, 157 Md€ de prélèvements sur les entreprises au-dessus de la zone euro et des rustines partout (CICE, boucliers, chèques, allègements) ; rapports qui s'empilent, assemblée sans majorité, loi spéciale faute de budget voté.
Tout cela est… beaucoup trop familier.
La seule différence fondamentale avec 1957 est que la France a désormais l'euro ce qui lui permet de se crasher au ralenti. Le FMI ne toquera pas à la porte. Mais petit à petit, l'État a déjà de plus en plus de mal à se financer. Jusqu'au moment où les sommes à emprunter chaque année sur les marchés pour maintenir la machine à flot seront tellement importantes que l’on ne nous prêtera plus à des taux acceptables.
La zone de danger selon le FMI se situe lorsqu’un pays a besoin d’emprunter plus de 15% de son PIB sur les marchés tous les ans. Nous sommes bientôt à 18%. La Grèce a sauté quand elle a dépassé les 20%.
Avec notre trajectoire actuelle, la France atteindra le stade où elle devra probablement mendier l’aide de la BCE qui lui imposera alors sa politique économique sanglante quelque part entre 2029 et 2032.
Tic tac.
Alors, à quoi ressemblerait un redressement gaullien ?
Quel serait le plan douloureux que nous devons imaginer, mais qui serait « celui de tous les Français qui veulent que leur pays continue d'exister » ?
Le plan qui nous permettrait de retrouver un pays qui serait autre chose qu’un pays « à la traîne, perpétuellement oscillant entre le drame et la médiocrité » ?
La crise arrive. Nous devons être prêts.
Demain j’esquisserai un plan qui tire les leçons du redressement de 1958, adapté à nos contraintes et à notre situation actuelle.
Restez connectés.
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@Rainmaker1973@Rainmaker1973 after 1 year of operations, we observed 25-50% fuel savings on Canopée, with an average of 1.3 tons of fuel saved per day per wing, 35% savings overall on transatlantic routes.
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Operation stuff feels way more controllable, and gives you the self-esteem of "I did good, tangible, productive work".
Product discovery is tough, not tangible, and the benefits or cons are seen after product is shipped and used. And even after doing "good product discovery", there is still a hard part of product definition and crafting your product amongst tons of possible combinations. And the product may still fail.
Most PMs would rather work on measurable progress, feel in control, not do the hard and risky work of true market understanding product discovery.
I call it "hiding behind tech".
The worst part is, they also tilt the arrangement between engineers and PMs by spoonfeeding obvious requirements to nth level which engineers get used to.
Voodoo just turned 10 this year.
It's been an adventurous journey full of hard work, fun, mistakes, ups & downs, breakthroughs, failures, fears of going bankrupt, and barely manageable growth.
Those moments truly shaped our culture, our strategy and the way we operate as a team.
For this milestone, I am very excited to share how we transitioned from a startup mass-producing minimalistic hyper-casual games, into a more structured organization that now delivers innovative mobile products with high production value, on a global scale:
2013-2016: Doing stupid stuff
My co-founder Laurent and I started the company in 2013, mainly driven by the will to create consumer mobile products that would inspire millions of people. Even if we had absolutely no experience in either apps or gaming, we decided to take the leap anyway and launch a mobile game.
At first, we took the most stupid approach by creating a quiz (which is not a big segment in gaming) in French for the French market (which is a tiny market).
We spent endless hours debating about the shape and colors of the buttons, the style of the logo, and after 10 very long months we finally launched the game, and it was a flop. Instead of simply trashing this product and starting again from scratch, we spent another year or so iterating, and trying to build something on shaky foundations.
2016-2017: Doing less stupid stuff
We started to understand that there was no proxy between the time spent on a game and its success, and that human beings (or at least us) were not the best at predicting the success of a new idea. So we launched quite a radical experiment: we asked each of our teams to create one game per week, and release it on the app store. We would then spend a little marketing budget to get real users, and test the quality of any game concept with real data. Even if, at first, this fast prototyping strategy was not very well received by our teams, they agreed to give it a try, and it had the most beneficial effect of all time: we could kill any low-potential concept after just 5 days of coding, the teams would find shortcuts to go fast while maintaining a sleek user experience, and we would explore large numbers of ideas rapidly.
Fortunately, after a few weeks, we launched a massive hit game: Paper .io. It would reach #1 in app stores in nearly every country, and more than 35m downloads its first year. It was also thanks to the marketing expertise we had developed over the previous 4 years on weak products.
This success attracted a large number of independent studios that saw how we were working and wanted in. We decided to seize the opportunity and helped all of them, for free, and split the profit their games would generate.
2017-2018: Hyper Growth
We went from working with 20 studios to 800, and from $1m to $400m in revenues in just 2 years, with a solid $120m profit.
It was a thrilling period, but also a very stressful one. We could barely keep up with the new studios inbound, the massive growth of our games, the launch of an increasingly high number of new games, and also the onboarding of many new employees. At the same time, we had to learn to structure our organization and keep our culture, and made plenty of mistakes on those fronts.
2019-2020: Calm before the storm
Our explosive growth and massive success attracted competition. Dozens of new hyper-casual studios popped up, trying to mimic our model. Thankfully, it was complex to replicate in full, as there were numerous aspects to be mastered: studio onboarding and scaling, product coaching, growth technologies & operations, monetization, and product optimization. Even so, our market share decreased, and our growth slowed down, but we were still very profitable.
Foreseeing that the future would not be as bright in the coming years, we decided to massively invest in new ventures: higher production value games (casual & midcore), non-gaming apps, and growth technologies.
2021-2022: Hangover
Then everything fell apart.
New regulations around ads and tracking policies accelerated the decline of our hyper-casual core business: its revenues were divided by 2 in just one year, as user acquisition costs went through the roof. The vast majority of our competitors didn’t survive this massive change, and we had to implement hard, radical, but life-saving measures.
2022-2023: Reborn
Hyper-growth and large funding capabilities had created bad habits, overconfidence, complacency and a myriad of inefficiencies. Hard times helped us to get rid of them. We first had to protect the company from cash burn, as there were no scenarios in which we could raise equity or debt, given the situation we were in. We managed to go from massive cash flow loss, to comfortable cash flow generation, ensuring our long-term runway, just by cutting projects with no potential, cutting unproductive costs, and parting ways with people who did not bring true value to the company in their current positions. We chose to keep only the few strategic projects that we truly believed in for our long-term growth. We called it the “financial fast”: getting rid of the fat, but keeping the muscle, ending up lighter, but stronger.
Then some of our new venture games and apps started to ramp up, after 3 years of strategic iterations: Mob Control, Collect Em All, Block Jam, Wizz, Blitz, WeMoms are the new generation of casual/midcore games and apps that are shaping Voodoo’s future.
To achieve this, we went through a complete redesign of our organization: we kept our fast-paced core gameplay teams, but directed them towards games with more depth, and had to hire hyper-skilled teams who took those prototypes to the next level by optimizing all aspects of the games (user experience, monetization, art, economy, balancing).
We also acquired a remarkable game studio, Beach Bum, leader in mobile board games, with astonishing product execution and optimization skills, accelerating our diversification even more.
Voodoo is now a new company, stronger than ever, that has nothing to envy its young hyper-growing version. We have a variety of games and apps, with diversified business models and audiences, and highly resilient revenues, that are forecasted to reach $600m this year, hyper-casual accounting for only 25% of that.
We have the best growth teams & technologies in the world, the largest number of prototypes tested every day, and product teams that are fast, innovative, and passionate about our mission to entertain the world.
2024 and beyond: Raising the bar
Those foundations give us the confidence to push our dreams further. We want to raise the bar and build the next generation of major iconic mobile games and apps that will inspire everyone around the world.
To make that happen, we aspire to be the destination company for the people with the highest ambitions, who are seeking a platform that will let them act with strong ownership and minimal processes, while providing them with the growth and tech infrastructure to give their products the best possible life and scale.
If those words resonate with you and you want to write Voodoo next chapters with us, you can apply online or DM me directly here on X.
Entertainment is among the most advanced forms of life, and games among the most advanced forms of entertainment. Working at Voodoo to achieve this mission, surrounded by so many exciting people, is incredibly thrilling.
Thanks to all our employees, investors, partners, friends and users all around the world who have shared a part of this 10-year journey.
Some teams struggle because there’s too much friction in making improvements.
If a dev has to create a ticket, sell management, size the task, and get it prioritized, they’re likely to just say "not worth it."
Solution: Welcome proactive improvements. Make them easy.
Fantasizing about how much better software would be if co-locating code that changes together was emphasized as much as “separation of concerns” in all of the books you read in your junior years.
Here are hot-off-the-press benchmarks for GOOD and GREAT activation rates, by product type, based on a survey of 500+ products.
Thank you to everyone who contributed to this survey, and a huge thank you to @TheTimenator for partnering with me on this work.
More takeaways below.
Startups should be able to laugh at themselves, it helps cope with stress.
Entrepreneurial teams that use humor to make light of themselves or stressful situations their startups go through are more likely to thrive in tumultuous times, based upon on a sample of 2,000 companies.
Comme l’année n’est pas terminée, il est encore temps de faire un petit #Thread sur l’épidémie de suicides et autres morts accidentelles qui frappe les russes fortunés, notamment dans les domaines du gaz et du pétrole.
10 fascinating traits of highly-successful people:
1) Enjoy Being Wrong: The most successful people legitimately enjoy being wrong. They’ve learned to embrace new information that forces you to change your viewpoint—these "software updates" improve upon the old.
(read on)