À Liège, un élan de solidarité pour la scolarité des enfants de familles de disparus
#FocodeMagazine | 09 septembre 2026
À l’occasion de sa conférence organisée le 29 août 2026 à Liège, le FOCODE avait lancé un appel à la solidarité en faveur des enfants des familles de victimes de disparition forcée, regroupées au sein de l’association « Abacu Bari He ? / Où sont les nôtres ? ». La générosité des participants a permis de réunir 920 euros destinés à l’achat de fournitures scolaires.
L’appel n’est pas resté sans réponse. En marge de la conférence organisée par le FOCODE le 29 août 2026 à Liège, en Belgique, les participants avaient été invités à apporter une contribution volontaire afin d’aider les enfants des familles de personnes disparues à préparer leur rentrée scolaire dans de meilleures conditions.
Grâce à cet élan de solidarité, une somme totale de 920 euros a été collectée. Cette contribution a été remise à Olivier Kenese, président de l’association « Abacu Bari He ? / Où sont les nôtres ? », par l’intermédiaire de la trésorière du FOCODE.
Au-delà de sa valeur matérielle, ce geste constitue un témoignage de solidarité envers des familles qui vivent, parfois depuis plusieurs années, dans l’attente, l’incertitude et la douleur provoquées par la disparition de leurs proches. Il rappelle également que les conséquences de ce crime affectent durablement les enfants, notamment leur scolarité et leurs conditions de vie.
Dans une vidéo de remerciement, Olivier Kenese exprime, au nom de l’association et des familles bénéficiaires, sa profonde gratitude à toutes les personnes ayant répondu à cet appel.
Le FOCODE remercie chaleureusement chaque donatrice et chaque donateur ayant contribué à cette mobilisation. Par leur générosité, ils ont permis à ces enfants de disposer des fournitures indispensables à la poursuite de leur scolarité.
À toutes celles et tous ceux qui ont posé ce geste de solidarité, le FOCODE adresse sa sincère reconnaissance.
Que Dieu rende à chacune et à chacun, au centuple, ce qu’il a généreusement donné. Merci infiniment. #Ndondeza
#FocodeMagazine — Les faits au-delà des discours
La Rédaction
@ABACU_BARI_HE
#Burundi : « Depuis 2015, le pouvoir tue et persécute dans un pays officiellement en paix »
#FocodeMagazine | 10 septembre 2026
À Liège, devant près de 600 participants réunis le 29 août 2026 par le FOCODE, Me Dieudonné Bashirahishize a livré un réquisitoire sévère contre la permanence des disparitions forcées, des assassinats et des persécutions au Burundi. Pour le représentant du CAVIB en Europe, la justice, censée faire barrage aux crimes, serait devenue l’arme d’un pouvoir qui élimine ses cibles sous le couvert d’une paix officielle.
Il y a les mots du pouvoir : paix, sécurité, stabilité. Et puis, derrière cette façade, il y a les absents. Ceux que leurs proches attendent encore. Ceux dont les visages, les noms et les histoires racontent une autre réalité du Burundi depuis 2015.
C’est ce fossé entre le récit officiel et les drames vécus par les familles que Me Dieudonné Bashirahishize a dénoncé lors de la conférence organisée par le FOCODE, le 29 août 2026 à Liège, en Belgique. La rencontre, consacrée aux disparitions forcées, a rassemblé près de 600 personnes.
L’avocat, qui figurait parmi les intervenants, a d’abord rendu hommage au travail du FOCODE. À ses yeux, l’organisation accomplit une mission essentielle : documenter, conserver et rendre visibles des crimes que le pouvoir aurait préféré ensevelir dans le silence.
Images, témoignages, enquêtes, identités des disparus : Me Bashirahishize a insisté sur la valeur de cette mémoire patiemment constituée. Sans ce travail de documentation, a-t-il estimé, les autorités auraient eu beau jeu de rejeter les accusations en bloc et de les réduire à de simples inventions.
« Sans ces images et ces enquêtes, le pouvoir aurait affirmé que tout cela n’était que mensonge », a-t-il fait valoir.
Une paix sans répit pour les victimes
Le Burundi, a rappelé l’avocat, a connu plusieurs cycles de violences au cours de son histoire. Mais autrefois, observe-t-il, la fin des affrontements ouvrait au moins la voie à une période d’accalmie. Depuis 2015, la situation présenterait un visage autrement plus inquiétant : les enlèvements, les assassinats et les persécutions se poursuivraient alors même qu’aucune guerre n’est officiellement déclarée.
« Depuis 2015, nous vivons sous un régime qui continue de tuer, d’enlever et de persécuter, alors que l’on affirme que le pays est en paix », a-t-il dénoncé.
Le constat est lourd. Il décrit un pays où la paix proclamée ne protège pas nécessairement les citoyens ; une paix administrative, répétée dans les discours, mais démentie par les disparitions, les violences et l’angoisse persistante des familles.
La justice, du rempart à l’arme
Pour Me Bashirahishize, ces crimes auraient dû trouver devant eux une institution capable de les arrêter : la justice. Or, selon le représentant du CAVIB en Europe, celle-ci n’a pas seulement failli à sa mission. Elle aurait été détournée de sa vocation pour devenir un instrument de répression.
Au lieu de protéger les victimes, d’enquêter sur les disparitions et de poursuivre les responsables, la justice se serait transformée en « bâton », en arme destinée à écarter toute personne dont le pouvoir souhaiterait se débarrasser.
L’avocat dénonce ainsi un système dans lequel le régime se serait arrogé le droit de tuer, de faire disparaître ou de persécuter qui il veut, où il veut. Face à cette mécanique, la justice regarderait ailleurs — lorsqu’elle ne contribuerait pas elle-même à préparer le terrain.
À Liège, le message de Me Dieudonné Bashirahishize a résonné comme une mise en accusation : derrière l’apparente normalité institutionnelle, les crimes continueraient, les familles attendraient toujours et l’impunité demeurerait intacte. Mais le travail de documentation du FOCODE oppose à cette politique de l’effacement une mémoire tenace : celle des visages, des faits et des preuves que le déni ne peut éternellement faire disparaître.#Ndondeza #Mémoire #Justice
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La Rédaction
Disparitions forcées : le FOCODE et « Abacu bari he ? » en réunion avec les experts du Groupe de travail de l’ONU à Abidjan
#FocodeMagazine | 06 mai 2026
Abidjan, 5 mai — Dans la salle Monne Bou de l’Hôtel Mövenpick, à Abidjan, le FOCODE et l’association des familles des victimes « Abacu bari he ? » — « Où sont les nôtres ? » — ont été reçus, ce mardi 5 mai, par les experts du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires. Une rencontre tenue en marge de la 139ᵉ session de ce mécanisme onusien, organisée en Côte d’Ivoire.
À huis clos, mais avec des enjeux lourds. La délégation burundaise n’est pas venue seulement déposer un dossier. Elle est venue porter une douleur, rappeler des noms, raconter des absences et remettre au centre du débat une question que des familles se posent depuis des années : où sont les nôtres ?
🔴Une délégation burundaise face aux experts
Le FOCODE était représenté par Me Janvier Bigirimana, son Secrétaire général, et Gordien Niyungeko, son Secrétaire exécutif. L’association « Abacu bari he ? » était, elle, représentée par sa Vice-Présidente, Béatrice Nibogora.
La réunion était conduite par Gabriella Citroni, Présidente du Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires. À ses côtés, plusieurs expertes du mécanisme onusien, dont la Vice-Présidente Grażyna Baranowska, Aua Baldé et Ana Lorena Delgadillo Pérez, accompagnées de leurs équipes techniques.
Dès l’ouverture, Gabriella Citroni a souhaité la bienvenue à la délégation et l’a remerciée pour sa présence. Puis la parole a été donnée aux représentants burundais. Les experts ont écouté longuement, avec attention, laissant se déployer une parole souvent étouffée par la peur, l’exil ou le silence des institutions.
🔴Quand la peur devient un mode de gouvernance
Les représentants du FOCODE ont d’abord campé le décor. Un Burundi où, selon eux, les disparitions forcées, les enlèvements et les arrestations arbitraires ne sont pas des accidents de parcours. Ils y voient des instruments de répression, utilisés pour faire taire les voix dissidentes, fermer davantage l’espace civique, politique et démocratique, et maintenir la société sous pression.
Ils accusent le pouvoir du CNDD-FDD d’avoir érigé la peur en méthode de gouvernance. Dans leur exposé, les délégués sont revenus sur la campagne Ndondeza, initiée pour documenter, dénoncer et rendre visibles les cas de disparitions forcées au Burundi.
Ils ont présenté les tendances actuelles du phénomène, les modes opératoires observés et les structures régulièrement citées dans ces dossiers : le Service national de renseignement, la milice Imbonerakure, le renseignement militaire, des éléments de la Police nationale, des structures de protection des institutions, certains responsables du parti au pouvoir et, dans certains cas, des autorités locales.
Pour le FOCODE, cette chaîne d’acteurs présumés montre que les disparitions forcées ne peuvent être réduites à de simples bavures. Elles relèveraient plutôt d’un système où les victimes disparaissent, les familles se taisent par peur, et les auteurs présumés restent à l’abri de toute reddition de comptes.
🔴Le retour au pays, une autre angoisse
Autre sujet porté devant les experts : la situation des demandeurs de protection internationale burundais en Europe. La délégation s’est particulièrement inquiétée de la situation en Suisse, où des Burundais commencent à être refoulés vers leur pays d’origine, malgré un contexte des droits humains que le FOCODE juge toujours préoccupant.
Le cas de Davy Nteziyirema a été évoqué avec gravité. Ce jeune réfugié burundais s’est donné la mort le 5 avril 2026 à Zurich, après le rejet de sa demande d’asile. Il redoutait d’être renvoyé au Burundi. Pour la délégation, ce drame dit mieux que de longs discours la détresse de certains demandeurs d’asile, pris entre l’épuisement de la procédure, la peur du retour et le sentiment de n’être plus entendus.
La Belgique a également été citée. Le FOCODE dit y observer un durcissement des conditions d’octroi de la protection internationale, qu’il attribue à une lecture jugée erronée de la situation actuelle au Burundi.
Les délégués ont rappelé la publication, en mars, du rapport du FOCODE intitulé « Un laisser-passer de retour qui ne passe pas ». Selon eux, ce document recense une dizaine de cas de réfugiés burundais portés disparus après leur retour au pays et documente d’autres formes de répression visant des personnes rentrées au Burundi.
Pour le FOCODE, ces éléments devraient inciter les pays d’accueil à la prudence. Un retour au Burundi, soutient l’organisation, ne peut être traité comme une simple formalité administrative. Derrière une décision de renvoi, il peut y avoir une vie exposée à la surveillance, aux menaces, à l’arrestation ou à la disparition.
🔴La parole bouleversante des familles
Le moment le plus poignant de la rencontre est venu de Béatrice Nibogora. La Vice-Présidente de « Abacu bari he ? » a parlé au nom de ces familles qui attendent sans savoir, qui espèrent sans preuve, qui pleurent sans corps. Son intervention, chargée d’émotion, a saisi l’assistance.
Elle a évoqué la disparition de son beau-frère et de sa grande sœur. Un drame intime, mais aussi le reflet d’une tragédie plus large. Celle de nombreuses familles burundaises condamnées à vivre avec une absence sans tombe, sans vérité, sans réponse.
Béatrice Nibogora a rappelé que les victimes sont souvent des hommes, des pères, des piliers économiques du foyer. Leur disparition ne frappe pas seulement un individu. Elle fait basculer toute une famille. Les épouses se retrouvent seules. Les enfants grandissent sans repères. La précarité s’installe. Le traumatisme s’enracine.
Et, avec les années, les questions deviennent plus lourdes : où est papa ? Qui l’a emmené ? Pourquoi ne revient-il pas ? Pourquoi personne ne nous dit la vérité ?
🔴Des experts attentifs, un blocage avec Bujumbura
Après les exposés, les experts du Groupe de travail ont posé plusieurs questions. Ils ont voulu mieux comprendre le contexte burundais et les enjeux liés aux disparitions forcées.
Ils ont également déploré une faiblesse au niveau de la collaboration avec les autorités burundaises. Une impasse qui complique le suivi des dossiers, freine la recherche de la vérité et laisse les familles dans l’attente.
Les experts ont enfin informé la délégation des actions envisagées en perspective maintenir la question du Burundi sur l'agenda du Groupe de travail et d’autres procédures des Nations unies. Pour les organisations burundaises présentes, cet engagement représente un signal important : celui de ne pas laisser ces dossiers s’effacer dans le silence diplomatique.
Pour les familles, l’attente ne peut plus être la seule réponse. À Abidjan, le FOCODE et « Abacu bari he ? » ont rappelé que les autorités burundaises restent au cœur de l’équation. Elles doivent quitter le déni, affronter la réalité du phénomène des disparitions forcées, éclairer le sort des disparus, coopérer avec les mécanismes onusiens et mettre fin à l’impunité. Car tant que Bujumbura gardera le silence, les familles continueront de demander : Abacu bari he ?
#FocodeMagazine | Gordien Niyungeko
Suite à la disparition forcée et à l'assassinat de trois hommee originaires de Gitega, l'Asso. ABACU BARI HE? est préoccupée par cette situation et exige l'ouverture immédiate d'enquêtes indépendantes,impartiales et transparentes,la traduction en justice de tous les auteurs, ...
Une pensée pour Désiré Niyuhire, commerçant et opposant politique, enlevé par le renseignement militaire, le 02.11.2021, devant son bar au centre de #Gitabo en commune #Kiganda (ancienne province de Muramvya).
Désiré Niyuhire est depuis introuvable. #Burundi#Ndondeza
Nous réclamons toujours une justice équitable sur les nôtres enlevés: certains par les agents du SNR, de la Police Militaire et d'autres par des imbonerakure sous l'instigation des agents de l'Etat détenteurs d'un certain pouvoir.
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Le veridict rendu ce 08 juillet 2025 sur le carnage de Gasarara qui a emporté la vie de 6 citoyens burundais est à saluer : 14 Condanations à perpétuité, 3 administratifs écopent de 3 ans et 4 accusés acquités. Plusieurs d’entre eux sont des imbonerakure. 1/4
Les gens de GASARARA n'ont-ils pas été condamnés parce qu'ils ne figurent pas parmi eux des agents de l'Etat? Si non,.......où est la justice sur les nôtres?
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Burundi : Répression électorale, disparitions forcées et verrouillage du pouvoir – La société civile brise le silence à l’ONU
#FocodeMagazine| 02 juillet 2025
Alors que le Burundi vient de connaître des élections législatives et communales contestées, la société civile burundaise a profité de la 59ᵉ session du Conseil des droits de l’homme de l'ONU pour dénoncer à Genève la répression politique, les violations des droits humains et le drame des disparitions forcées qui endeuillent le pays depuis 2015.
🔴Genève : Une tribune pour dire l’indicible
Ce 30 juin 2025, au Palais des Nations à Genève, dans la salle XXV, à 13h00 heure locale (soit 13h00 à Genève et à Gitega), les défenseurs burundais des droits humains ont tiré la sonnette d'alarme sur la dégradation continue de la situation politique et sécuritaire dans leur pays. Lors d'un événement parallèle organisé en marge de la 59ᵉ session du Conseil des droits de l’homme de l'ONU par plusieurs organisations et ONGs, parmi lesquelles ACAT-Burundi, DefendDefenders, OMCT, FIDH, FIACAT, IRCT, SOS-Torture Burundi, Ligue Iteka et FOCODE les intervenants ont dénoncé à la fois le verrouillage du processus électoral, les violations massives des droits humains et le drame silencieux des disparitions forcées. L'événement, modéré par Jean Claude Ntiburumusi, responsable des questions juridiques à ACAT-Burundi, a permis d'entendre des témoignages poignants et des analyses détaillées sur la situation qui prévaut actuellement au Burundi.
🔴Un processus électoral verrouillé de bout en bout
C’est Monsieur Fortuné Gaetan Zongo, Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits humains au Burundi, qui a ouvert la séance à travers une intervention à distance . Dans son intervention, il a dressé un constat préoccupant du processus électoral des législatives et communales du 5 juin dernier. Selon lui, l'absence de garanties démocratiques, les obstacles à la participation des opposants, l'intimidation systématique et le musellement des voix critiques confirment que le Burundi s'enfonce dans un autoritarisme de plus en plus assumé. Il a souligné que la fermeture de l’espace politique, couplée aux violations persistantes des droits humains, impose de maintenir impérativement le mandat d’observation indépendant qu’il exerce.
🔴Des lois taillées sur mesure pour museler l'opposition
Me Janvier Bigirimana, Secrétaire général du FOCODE, est ensuite intervenu pour démonter ce qu'il qualifie de "stratégie politico-juridique méthodique" visant à verrouiller le processus électoral au Burundi. Selon lui, les réformes successives du code électoral n’ont eu qu’un seul objectif : garantir coûte que coûte la victoire du CNDD-FDD et neutraliser les figures majeures de l’opposition, à commencer par Agathon Rwasa, évincé de la tête du CNL, principal parti d’opposition, en mars dernier. Il a dénoncé la composition ouvertement partisane des institutions chargées d’organiser les élections, notamment la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), ainsi que le redécoupage administratif des circonscriptions, opéré selon des critères politiques visant à diluer les bastions électoraux de l’opposition.
Me Bigirimana a par ailleurs critiqué le financement des élections, assuré en grande partie par des contributions forcées prélevées sur une population déjà épuisée par la crise économique, y compris parmi ceux qui ne sont pas membres du CNDD-FDD. Selon lui, cette pression financière sur les citoyens et l’administration électorale verrouillée constituent les deux piliers d’un système électoral faussé.
Il a enfin pointé la soumission totale de la Cour constitutionnelle, censée être garante de la régularité du scrutin et de la protection des libertés, mais devenue selon ses termes, « un simple bras judiciaire du pouvoir exécutif ». Pour lui, le dispositif mis en place au Burundi rappelle les méthodes d'États autoritaires bien connus. « Nous assistons à une dérive qui n’a rien à envier à des régimes comme celui de la Corée du Nord, où l’appareil juridique et institutionnel n’est plus qu’une façade, masquant la confiscation des libertés et le maintien d'un parti unique par la force et la peur », a-t-il conclu.
🔴Des violations à grande échelle avant, pendant et après les élections
Le constat a été appuyé par M. Anschaire Nikoyagize, Président de la Ligue Iteka, qui a présenté un tableau sombre des violations des droits humains ayant accompagné le processus électoral. Il a rappelé qu’entre janvier 2024 et juin 2025, la Ligue Iteka a documenté 605 assassinats, dont 304 corps retrouvés et enterrés sans enquête, 58 enlèvements, 193 cas de violences sexuelles basées sur le genre, 62 cas de torture et près de 900 arrestations et détentions arbitraires. Le jour même du scrutin, les irrégularités ont été légion : bourrages d’urnes, violation du secret de vote, intimidation des électeurs, exclusion des observateurs, dépouillement à huis clos et falsification des résultats. Il a estimé que ces pratiques révèlent la volonté manifeste du pouvoir de confisquer les urnes et d’étouffer toute forme de contestation démocratique.
🔴Disparitions forcées : Le drame silencieux des familles burundaises
Mais c’est sans doute l’intervention de Madame Béatrice Nibogora, vice-présidente de l’association « Abacu Bari He ? » (Où sont les nôtres ?), qui a le plus bouleversé l’auditoire. Dans un témoignage empreint d’émotion et de dignité, elle a mis en lumière le calvaire des familles victimes de disparitions forcées, un phénomène qui endeuille le Burundi depuis 2015, dans un climat d’impunité généralisée et de silence des autorités.
Elle a rappelé que l’association Abacu Bari He ?, créée en octobre 2024 avec le soutien du FOCODE, est née de la nécessité pour les familles brisées par ces disparitions de se regrouper, de briser l’isolement et de réclamer ensemble vérité et justice. « Nous refusons de disparaître dans l’indifférence et l’oubli », a-t-elle déclaré avec force.
Mme Nibogora a décrit les conséquences dévastatrices de ces enlèvements : l’appauvrissement brutal des familles privées de leurs soutiens financiers, l’isolement social des veuves, les traumatismes psychologiques profonds, la peur permanente et l’impossibilité pour les proches de faire leur deuil. Elle a insisté sur la souffrance particulière des enfants, confrontés à l’absence de réponses, aux cauchemars récurrents et à l’angoisse d’un avenir brisé.
Illustrant son propos par son propre drame familial, elle a évoqué la disparition de sa sœur Emelyne Ndayishimiye et de son beau-frère Alexis Nkunzimana, enlevés en décembre 2015 par les services de renseignement burundais. Depuis, malgré les démarches et les appels à l'aide, aucune trace n'a jamais été retrouvée. Leur enfant, devenu orphelin, grandit aujourd’hui dans l’incertitude et l’attente vaine d’un retour qui ne vient pas.
« Nous n’avons ni sépulture, ni réponse, ni justice. C’est un deuil suspendu, un supplice quotidien pour les familles, surtout pour les enfants », a-t-elle conclu, en appelant la communauté internationale à briser le mur du silence.
🔴Un appel urgent à la communauté internationale
Face à cette situation alarmante, tous les intervenants, soutenus par les organisations présentes, ont lancé un appel solennel à la communauté internationale. Ils ont plaidé pour le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Burundi .Jean Claude Ntiburumusi, concluant l’événement, a insisté sur le fait que sans une vigilance accrue de la communauté internationale et une action concertée en faveur de la justice et de la vérité, le Burundi risque de sombrer encore davantage dans la dictature et l’instabilité, avec des conséquences graves pour l’ensemble de la région.
#FocodeMagazine| Gordien Niyungeko, présent à Genève
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Hari umunyeshure wo muri Kaminuza y'Uburundi amaze hafi indwi zibiri atazwi irengero. Abiwe baratabaza.
Yitwa Niyubushobozi Blaise, avuka muri Komine n'intara ya Ngozi. Yiga muri Kaminuza y'Uburundi, muri IPA Kirundi-Swahiki, Bac 1 Kirundi-kiswahili. Yari asanzwe aba muri campus Mutanga, afise imyaka 22 . Abiwe bavuga ko yabuze kuva ku musi wa gatatu, igenekerezo rya 25/06/2025.
Abiwe bagira bati :
"Mu misi yahera yari yibwe amahera. None kuva igenekerezo rya 25/6/2025, twarabuze iyo yagiye. Uwo musi bagenziwe bagiye kw'ishure bamusiga aryamye, bagaruka atawuhari, nta n'ubwo yatashe. Kuva ubwo nta gakuru kiwe. Twararondeje mu busho turabura. Turasavye uwufise ico abiziko ko yodufasha kumenya icabaye kuri Niyubushobozi Blaise. Tubaye turashima ku kigoro muzotugirira."
Uwogira ico amenye ku vyashikiye Niyubushobozi Blaise, yotwandikira muri Ndondeza kuri WhatsApp +32465651905.